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Bulletin Quotidien Europe N° 10703
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ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / (ae) uem

La France énonce trois exigences pour une intégration accrue

Bruxelles, 04/10/2012 (Agence Europe) - Tout renforcement de l'Union économique et monétaire (UEM), arme avancée pour affronter la crise de la dette souveraine dans la zone euro, devra répondre à trois exigences, selon la France: mettre l'accent sur la croissance, respecter l'équilibre entre le contrôle et la solidarité, accroître la légitimité démocratique.

Intervenant mardi devant l'Assemblée nationale française, le Premier ministre français, Jean-Marc Ayrault a plaidé pour que « la coordination des politiques économiques de la zone euro (soit placée) au service de la croissance ». « C'est le gouvernement économique que nous réclamons depuis des années », a-t-il souligné. 2ème exigence: « l'équilibre entre le développement de mécanismes financiers de solidarité et la vigilance budgétaire ». Convaincu qu'« il n'y a pas d'Europe sans solidarité », M. Ayrault a estimé que l'Eurozone devait « disposer d'instruments budgétaires et financiers communs pour faire face aux chocs externes et permettre aux pays qui rencontrent des difficultés de les surmonter pour retrouver la croissance ». Il a mis en avant le rôle « élargi » que le Mécanisme européen de stabilité (MES) jouera à l'avenir pour recapitaliser les banques en difficulté, et il a rappelé la position française favorable à la « mutualisation d'une partie de la dette par l'émission d'euro bonds ». « Il est temps aussi qu'à l'échelle de toute l'Europe - et la France le fera elle-même, sans attendre - une nouvelle législation bancaire sépare la gestion des dépôts des activités à risque », a-t-il aussi indiqué en référence au rapport 'Liikanen' prônant un cloisonnement des activités de trading les plus risquées (EUROPE n°10701).

Enfin, la 3ème exigence française concerne le renforcement de la légitimité du processus d'intégration en cours. Le Premier ministre a évoqué, à ce titre, le traité européen renforçant la discipline budgétaire, qui provoque des remous dans la coalition gouvernementale et au sein même du parti socialiste majoritaire: « À court terme, le traité soumis à ratification prévoit la création d'une conférence interparlementaire composée de parlementaires nationaux et européens qui débattraient du rapport annuel (de la Commission) sur la croissance ou de (ses) propositions d'orientations économiques de la zone euro ». (MB)

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