Bruxelles, 04/10/2012 (Agence Europe) - Que, pour les besoins de l'innovation et de la croissance économique, la Commission européenne prône une approche au cas par cas de l'évaluation des risques des nanomatériaux, comme elle le fait dans une communication adoptée mercredi 3 octobre, déçoit au plus haut point les organisations de défense des consommateurs. La raison en est simple: les produits de consommation courante - comme les vêtements, les jouets, les emballages alimentaires, sont susceptibles de contenir ces matériaux qui, au-delà de leurs bénéfices potentiels pour les consommateurs, comportent aussi de nouveaux risques pour la santé humaine et l'environnement. C'est donc à la vigilance maximale - principe de précaution oblige - qu'appelle le Bureau européen des Unions de consommateurs (BEUC), déçu que la Commission soit restée sourde aux appels du Parlement européen, des organisations de consommateurs et des ONG demandant que les producteurs de nanomatériaux soient contraints à plus de transparence quant aux substances qu'ils utilisent et à l'amélioration des tests préalables à la mise sur le marché.
« Comme avec tout autre produit chimique, la politique 'pas de données, pas de marché' devrait également s'appliquer aux nanomatériaux. Il est préoccupant de constater que les fabricants puissent continuer à mettre un produit sur le marché dont la sécurité n'a pas été correctement établie. Les consommateurs et les autorités publiques continueront d'être laissés dans l'ignorance quant à la présence pourtant fréquence de nanomatériaux dans les foyers et sur les lieux de travail » , déplore Monique Goyens, directrice générale du BEUC. Et d'ajouter: « Il devient urgent d'imposer des obligations strictes d'information et d'enregistrement. »
La communication présentée conjointement par les commissaires Antonio Tajani (Industrie), Janez Potocnik (Environnement), John Dalli (Santé et consommateurs) et Máire Geoghegan-Quinn (Recherche) souligne que les nanotechnologies sont actuellement porteuses d'avancées majeures et pourraient aussi permettre de réaliser des percées technologiques révolutionnaires et de relancer la croissance économique.
Toujours convaincue que le règlement REACH (sur l'enregistrement, l'évaluation et l'autorisation des produits chimiques) offre le meilleur cadre possible pour la gestion des risques liés aux nanomatériaux, elle envisage, pour assurer la sécurité d'utilisation des nanomatériaux, de modifier certaines des annexes de ce règlement et encourage l'Agence européenne des produits chimiques à élaborer de nouvelles orientations pour les enregistrements après 2013. Selon elle, les principaux défis portent sur l'établissement de méthodes et d'instruments validés à des fins de détection, de caractérisation et d'analyse, sur la collecte d'informations complémentaires concernant les dangers des nanomatériaux et sur la mise au point de méthodes permettant d'évaluer l'exposition aux nanomatériaux. (AN)