Bruxelles, 24/09/2012 (Agence Europe) - Les ministres des Affaires étrangères français, allemand et britannique ont officiellement demandé de nouvelles sanctions à l'encontre de l'Iran en raison de son programme nucléaire, dans une lettre adressée à la Haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères, Catherine Ashton, et leurs homologues européens. Selon cette missive dont EUROPE a eu copie, le Français Laurent Fabius, l'Allemand Guido Westerwelle et le Britannique William Hague précisent que « l'urgence du sujet nécessite que l'Union européenne fasse preuve de détermination et d'unité à travers une action rapide et décisive ». Ils proposent que les discussions formelles au niveau des groupes de travail du Conseil de l'UE commencent « aussi vite que possible dans le but de préparer une décision européenne en vue d'une adoption par le Conseil des Affaires étrangères du 15 octobre ». Et d'inviter les États membres à présenter leurs propositions de mesures concrètes « dans les prochains jours ».
Les chefs de la diplomatie mettent en avant 4 secteurs où « une action accrue est nécessaire »: l'énergie, les finances, le commerce et le transport. Ils se sont aussi dits « heureux » que tous les ministres aient été d'accord pour augmenter la pression sur Téhéran lors du Conseil informel (Gymnich), début septembre.
Pour justifier leur position, les 3 ministres expliquent « qu'il est temps pour l'UE d'intensifier la pression de manière à influencer les calculs du régime iranien » et de lui faire savoir que les Européens n'ont pas épuisé toutes leurs options. Soulignant qu'une solution diplomatique est toujours possible, ils précisent aussi que les mesures décidées début 2012 ont déjà d'« énormes effets » en Iran « en particulier les exportations en pétrole ». « Nous pensons que cette pression a joué un rôle en amenant l'Iran à la table » des négociations, ajoutent-ils. Selon eux, « des encouragements additionnels pour que l'Iran s'engage avec le (groupe) 'E3+3' sont nécessaires de façon urgente », justifiant ainsi les nouvelles sanctions.
L'UE a déjà adopté plusieurs trains de sanctions bancaires et commerciales contre l'Iran et a mis en place depuis le 1er juillet un embargo pétrolier (EUROPE n°10645).
La France, le Royaume Uni et l'Allemagne font partie, avec les États-Unis, la Chine et la Russie du groupe E3+3 chargé de négocier avec l'Iran. L'E3+3 devrait se rencontrer cette semaine à New York en marge de l'Assemblée générale des Nations Unies. Dimanche, Mme Ashton et le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki moon, ont souligné l'importance de faire des progrès dans les négociations sur la question nucléaire iranienne. M. Ki moon a aussi reçu le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad. (CG)