Bruxelles, 10/09/2012 (Agence Europe) - Annoncée dimanche soir à la télévision par le président français, François Hollande, la révision à 0,8% au lieu de 1,2% des prévisions françaises de croissance pour 2013 n'entraîne « aucune tension » entre Paris et la Commission européenne, a assuré lundi 10 septembre le porte-parole du commissaire européen chargé de l'euro, Olli Rehn. Il a en revanche salué « l'engagement très ferme de la France en matière budgétaire et la confirmation, sans ambiguïté, de l'intention du gouvernement de ramener le déficit en dessous de 3% l'année prochaine comme convenu avec ses partenaires européens ».
Et d'ajouter: « Cet objectif n'est pas une fin en soi mais une démarche essentielle pour assainir de façon durable les comptes publics, pour réduire la dette publique de la France et libérer des ressources pour les mettre au service de la croissance. » Sur le contenu même des mesures, la Commission préfère réserver ses commentaires plus détaillés à la présentation d'ici fin septembre du projet de budget français pour 2013. Quant aux chiffres de la croissance française, l'exécutif européen présentera en novembre ses prochaines prévisions. Celle-ci devrait être « à peine supérieure à 0% » en 2012, a d'ailleurs reconnu M. Hollande.
Afin de ramener le déficit public français de 4,5% en 2012 à 3% en 2013, les autorités françaises vont devoir procéder à un effort de redressement « sans précédent depuis trente ans », selon les propres mots du président français. D'après les autorités françaises, 30 milliards d'euros d'économies seront trouvés de la manière suivante: 10 milliards de réduction des dépenses publiques, 20 milliards d'augmentation d'impôts répartis à part égale entre les entreprises et les citoyens.
Le président français a notamment clarifié une mesure fiscale symbolique qui prévoit, temporairement, et moyennant certains aménagements, de taxer à 75% la part des revenus annuels dépassant 1 million d'euros. La récente demande d'obtention de la nationalité belge effectuée par la première fortune de France, le PDG du groupe LVMH, Bernard Arnault, a relancé la polémique concernant cette mesure fortement décriée par les partis de droite et qualifiée de contre-productive par le patronat français. Le ministre français de l'Économie, Pierre Moscovici, a d'ailleurs estimé nécessaire de réviser à l'avenir la convention fiscale qui unit la France à la Belgique. (MB)