Bruxelles, 10/09/2012 (Agence Europe) - Le porte-parole du commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires Olli Rehn, Simon O'Connor, a refusé de commenter l'hypothèse d'un dérapage budgétaire au Portugal. Il n'a pas voulu dire si les mesures accrues d'austérité, annoncées en fin de semaine dernière par le Premier ministre, Pedro Passos Coelho, avaient été influencées par la 'troïka' (Commission européenne, BCE, FMI) actuellement sur place. M. O'Connor n'a pas non plus précisé si la Commission considérait toujours à portée de main l'objectif d'un endettement budgétaire de 4,5% pour 2012.
Vendredi 7 septembre lors d'une intervention télévisée, M. Passos Coelho a annoncé une nouvelle vague de mesures d'austérité pour l'année 2013, notamment une augmentation des cotisations à la Sécurité sociale de la part des salariés des secteurs privé et public. « Le gouvernement a décidé d'augmenter les contributions à la Sécurité sociale du secteur privé à 18% ce qui nous permettra en contrepartie de réduire les cotisations patronales fixées également à 18% », a expliqué M. Passos Coelho. Et d'ajouter: « Nous ferons ainsi baisser considérablement les coûts du travail (...) et nous le ferons à un moment où la situation financière de nos entreprises est très fragile ».
Ces nouvelles mesures interviennent alors que la 'troïka' finalise sa mission dans le pays, entamée fin août et censée évaluer les réformes entreprises par Lisbonne au titre de son programme de sauvetage de 78 milliards d'euros mis en route en mai 2011. Il s'agit de la 5ème évaluation des créanciers internationaux et le pays a toujours reçu jusqu'à présent des rapports d'étape satisfaisants. Plusieurs éléments ont toutefois assombri ces dernières semaines le paysage du Portugal, dont une baisse des recettes fiscales sur le début 2012 qui pourrait compromettre l'objectif de déficit budgétaire de 4,5% du PIB fixé pour 2012 par Lisbonne (EUROPE n°10682). La semaine dernière, la 'troïka' avait d'ailleurs, selon un député portugais ayant rencontré les créanciers, indiqué qu'elle pourrait adapter le plan d'aide du pays et faire preuve de flexibilité. Le programme d'austérité du pays pourrait ainsi être « adapté aux conditions de l'économie à son évolution », avait dit le député Miguel Frasquilho, le Portugal ayant enregistré une récession de 3,3% du PIB au second semestre 2012 et atteint un taux de chômage de 16%. (SP)