Bruxelles, 10/09/2012 (Agence Europe) - Atout potentiel pour la sécurité de l'approvisionnement énergétique, l'extraction des gaz de schiste en Europe n'est bonne ni pour le climat ni pour l'environnement, à en juger par trois nouvelles études sur l'impact environnemental et sanitaire des combustibles fossiles non conventionnels publiées vendredi 7 septembre par la Commission européenne. La convoitise suscitée par ces nouvelles sources d'énergie - au premier rang desquelles les gaz de schistes dont l'extraction controversée fait couler beaucoup d'encre - méritait que l'institution européenne collecte le maximum de données à leur sujet.
Les études analysent respectivement les effets potentiels de ces combustibles sur le marché de l'énergie ; l'impact potentiel, sur le climat, de la production de gaz de schiste ; et les risques potentiels pour la santé et l'environnement que présentent l'exploitation des gaz de schiste et la fracture hydraulique qui lui est associée. Elles identifient un nombre considérable de questions de nature législative ou réglementaire que soulève l'exploitation de ces gaz. Aussi la Commission européenne assure-t-elle qu'elle veillera, tout en respectant sa neutralité face au mix énergétique des Vingt-Sept, à ce que les États membres qui exploitent les gaz de schiste le fassent dans le respect de la législation de l'UE. Elle assure également qu'elle garantira la mise en place d'un cadre législatif adéquat pour permettre l'extraction durable des gaz de schistes.
Impacts sur les marchés de l'énergie. L'étude montre que l'exploitation des gaz non conventionnels aux États-Unis a conduit à accroître la disponibilité du gaz naturel liquéfié sur le marché mondial avec un effet indirect sur les prix du gaz de l'UE. En tirant des enseignements de l'expérience américaine et en examinant le potentiel des ressources de l'UE, elle indique que, dans le meilleur des scénarios, la production future de gaz de schiste en Europe pourrait aider l'UE à maintenir sa dépendance à l'égard des importations d'énergie à 60% environ. Mais elle révèle aussi d'énormes incertitudes concernant les volumes récupérables, les développements technologiques, l'acceptation par le public ainsi que l'accès aux terres et aux marchés.
Impacts sur le climat. Selon une deuxième étude, le gaz de schiste produit dans l'UE émet davantage de gaz à effet de serre (GES) que le gaz naturel conventionnel importé des pays tiers, que ce soit par gazoduc ou par transporteurs de gaz naturel liquéfié, du fait de l'accroissement des émissions liées au transport de gaz à longue distance.
Impacts environnementaux. La troisième étude démontre que l'empreinte environnementale est bien plus grande pour l'extraction du gaz de schiste qu'elle ne l'est pour l'exploitation du gaz conventionnel. En effet, elle met en exergue un risque de contamination des eaux de surface et des eaux souterraines, d'épuisement des ressources en eau, de pollution atmosphérique et de pollution sonore, de mobilisation excessive des terres, de perturbations pour la biodiversité et d'engorgement du trafic en cas de combinaison de plusieurs projets.
Plus d'informations: http://ec.europa.eu/environment/integration/energy/studies_en.htm (A.N.)