Bruxelles, 10/09/2012 (Agence Europe) - La ministre chypriote des Affaires étrangères, Erato Kozakou-Marcoullis, a annoncé, samedi 8 septembre, que ses homologues européens s'étaient mis d'accord à Paphos (Chypre) sur le renforcement des sanctions contre le régime syrien. « Il y a consensus (...) sur l'augmentation des sanctions en Syrie », a-t-elle expliqué. « Si on veut faire bouger les choses, il faut que, à l'égard du clan de Bachar Al-Assad, les sanctions soient renforcées », a précisé le ministre français Laurent Fabius. « Côté français, nous faisons notre travail, et en liaison avec nos collègues chargés de l'économie et des finances, nous allons proposer de nouvelles sanctions », a-t-il souligné. « Il y a un sentiment général qu'il faut augmenter la pression sur le régime pour que cesse la violence, et que l'aide humanitaire puisse arriver dans tout le pays », a ajouté le ministre espagnol José Manuel García-Margallo y Marfil.
Mais le chef de la diplomatie suédoise Carl Bildt s'est montré plus sceptique. « Nous pouvons le faire, même si je ne pense pas que cela ait eu des effets majeurs jusqu'ici sur le terrain », a-t-il estimé, soulignant que « nous devons être prudents ». Selon lui, certaines mesures ont des effets négatifs comme celles visant la compagnie Syrian Airlines qui ont empêché à des Européens de quitter la Syrie.
Aider l'opposition à s'unir et à une transition inclusive
Lors de leurs discussions, les ministres ont discuté des solutions diplomatiques, de la situation humanitaire et de la transition politique. Ils ont aussi rappelé leur soutien à la mission du nouveau Représentant onusien pour la Syrie, Lakhdar Brahimi, que la Haute Représentante Catherine Ashton va rencontrer fin septembre à New York.
« Nous avons une position commune sur la Syrie, nous avons un message déterminé », a souligné la ministre chypriote, en particulier sur la situation humanitaire et les pays voisins de la Syrie. Selon le ministre luxembourgeois Jean Asselborn, les Européens vont envoyer, dans les prochaines semaines et mois, de l'aide aux pays qui accueillent des réfugiés et doivent tenter de convaincre les membres du Conseil de sécurité des Nations unies de bouger sur le plan humanitaire.
Mme Ashton a appelé une nouvelle fois l'opposition à s'unir et à une transition politique inclusive. « La Syrie doit appartenir à son peuple qui doit se sentir impliqué dans son futur. Il faudra que l'opposition soit unie pour un avenir dans ce pays », a-t-elle précisé, soulignant à plusieurs reprises l'importance d'un processus qui ne laisse personne de côté. (CG)