Bruxelles, 11/07/2012 (Agence Europe) - La crise politique en Roumanie constitue un « grand danger » et pourrait mettre en cause les progrès de ce pays vers une « pleine intégration » à l'Union européenne, a averti mercredi 11 juillet la commissaire européenne chargée de la Justice, Viviane Reding.
Mme Reding, qui s'était déclarée « très préoccupée » par cette crise dès le 3 juillet, a été interrogée lors d'une conférence de presse à la veille d'une rencontre jeudi entre le président de la Commission José Manuel Barroso et le Premier ministre roumain Victor Ponta. « Personnellement, je vois un grand danger dans les récents événements en Roumanie qui pourraient mettre en cause les progrès accomplis au cours des dernières années », a dit la commissaire, qui devait rencontrer dans la journée le ministre roumain de la Justice. Mme Reding n'a « pas exclu à titre personnel que la Commission européenne poursuive pendant plusieurs années » la surveillance de l'État de droit en Roumanie, « avec les conséquences que cela pourrait avoir » sur l'intégration de ce pays dans l'espace Schengen. La Commission en discutera la semaine prochaine au collège des commissaires. En l'espace d'une semaine, la majorité de centre gauche est parvenue à suspendre le président de centre droit Traian Basescu, avec l'aval de la Cour constitutionnelle. La destitution doit encore être soumise à référendum (le 29 juillet) pour être validée. « Je vais en parler avec (le président français) François Hollande, car le Conseil est un peu trop silencieux, à mon avis », a déclaré Martin Schulz, le président du Parlement européen, dans un entretien au journal parisien Le Monde. « La Commission (européenne) doit faire son travail. Évaluer, proposer, vérifier si les normes de droit européennes sont violées. Un Premier ministre doté d'une large majorité peut changer la Constitution de son pays, mais il ne peut contrevenir à nos règles et à nos valeurs », estime le président du Parlement européen. Selon lui, les remplacements rapides survenus à la tête de plusieurs institutions roumaines sont pour le moins étonnants. Tout comme la tentative, apparemment structurée et planifiée, de destituer le président Basescu. « C'est très douteux sur le plan politique, mais c'est légal », a-t-il cependant ajouté. (LC)