login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 10653
Sommaire Publication complète Par article 26 / 33
ACTION EXTÉRIEURE / (ae) prÉsidence

Des députés demandent à Chypre de faire jouer ses relations

Bruxelles, 11/07/2012 (Agence Europe) - Les députés de la commission des affaires étrangères du Parlement européen ont demandé mardi 10 juillet à la ministre des Affaires étrangères chypriote Erato Kozakou-Marcoullis, d'utiliser les relations de Chypre avec la Russie, la Grèce et le monde arabe pour améliorer la situation dans le monde, alors qu'elle leur présentait le programme de la présidence chypriote de l'UE pour ce second semestre de 2012.

Pour la députée Maria Eleni Koppa (S&D, grecque), la République de Chypre pourrait utiliser ses bonnes relations dans la région du Moyen-Orient et de la Syrie pour peser de tout son poids. Sa collègue Ulrike Lunacek (Verts/ALE, autrichienne) a souligné la « relation spéciale » de Nicosie avec Moscou et s'est interrogée sur la possibilité pour Chypre de jouer un « rôle spécial », un « rôle de médiateur » au sujet de la Syrie. Mme Kozakou-Marcoullis a souligné que si Chypre a une « amitié très ancienne » avec la Russie et des discussions bilatérales, « nous estimons que l'UE, que la Haute représentante de l'UE, que les Nations unies ont d'ores et déjà convaincu la Fédération de Russie de participer à ces discussions » sur la Syrie. Elle a ajouté qu'elle allait voir si son pays peut jouer un rôle de trait union pour que les accords sur la Syrie soient mis en place. « Je suis engagée au nom de la présidence chypriote a être aussi utile que possible pour me rendre, avec la Haute représentante ou à sa place dans la région ou à participer à toute forme d'initiative qui pourrait être lancée dans la région », a ajouté la ministre.

Charles Tannock (ECR, britannique) aimerait lui que la République de Chypre « joue un rôle d'entremetteur étant donner les relations avec la Grèce pour la question de la Macédoine, un rôle de trait union pour tenter de trouver un accord », alors que les avancées vers l'adhésion de l'Ancienne République yougoslave de Macédoine sont bloquées par la question du nom Macédoine et que Chypre tente d'établir ses premiers contacts diplomatiques avec le pays. M. Tannock aimerait aussi que Nicosie utilise ses relations avec Israël et son amitié traditionnelle avec la Palestine et le monde arabe pour que les discussions de paix « soient ramenées sur les rails ». Pour son collègue Kyriakos Mavronikolas (S&D, chypriote), Chypre devrait jouer un rôle plus important dans monde arabe et avec Israël, « faire des choses concrètes pendant la présidence ».

L'élargissement, priorité essentielle

Lors de la présentation des priorités de la présidence de son pays, la ministre a mis en avant l'élargissement, « objectif essentiel de notre présidence ». « En tant que présidence, nous souhaitons que tous les contacts bilatéraux soient menés dans les perspectives de l'élargissement », a précisé la chef de la diplomatie. La ministre a souligné sa volonté de faire avancer les négociations d'adhésion avec le Monténégro, de possibles « progrès réalisés avec la Serbie en termes de négociation d'adhésion », c'est-à-dire leur ouverture, des avancées avec la Bosnie-Herzégovine où il y a des « progrès dans un certain nombre de domaines ». Mme Erato Kozakou-Marcoullis veut que tous les efforts soient faits pour l'adhésion de l'Islande et « trouver des solutions subtiles » sur les questions sensibles.

La ministre a aussi précisé que malgré l'attitude de la Turquie à l'égard de Chypre, qui ne l'a reconnaît pas et qui boycotte la présidence, « nous continuons à penser qu'il faut accompagner le pays dans ces négociations d'adhésion, notre approche sera objective, pragmatique », a-t-elle expliqué, soulignant que si la Turquie change d'attitude, Chypre est prête à travailler sur l'ouverture de chapitres. Elle a reçu le soutien des députés européens, qui ont dénoncé l'occupation de Chypre par la Turquie. Pour Willy Meyer (GUE/NGL, espagnol) « la Turquie devait mettre un terme à l'occupation et à sa politique de colonisation et ainsi mettre un terme au conflit et permettre la réunification » de Chypre. Eleni Theocharous (PPE, chypriote) a qualifiée l'attitude turque d'« inacceptable ». « Chypre souffre de cette occupation brutale », a-t-elle ajouté. Graham Watson (ADLE, britannique), s'est inquiété de la division de l'île qui « sape la crédibilité européenne et internationale de la présidence ».

Mme Kozakou-Marcoullis a aussi rappelé son soutien aux efforts de la Haute représentante et du SEAE « notamment en ce qui concerne la dimension sud dans le contexte de la politique de voisinage, (…) dans ses objectifs vers l'est ». Chypre va soutenir Catherine Ashton pour de meilleures relations avec les partenaires stratégiques de l'UE et les voisins arabes et Israël. « Nous souhaitons y contribuer car nous voulons renforcer la position européenne dans la région », a souligné la ministre, précisant qu'elle veut que l'UE « joue le rôle d'unificateur ». (CG)

Sommaire

ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
INSTITUTIONNEL
POLITIQUES SECTORIELLES
SOCIAL - ÉDUCATION
ACTION EXTÉRIEURE