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Bulletin Quotidien Europe N° 10653
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POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) agriculture

Manifestation des producteurs laitiers à Bruxelles

Bruxelles, 11/07/2012 (Agence Europe) - Des agriculteurs ont manifesté mardi 10 juillet avec leurs tracteurs et de fausses vaches devant le Parlement européen à Bruxelles pour dénoncer la baisse du prix du lait provoquée par la surproduction en Europe.

« La surproduction qui affecte les marchés laitiers européens entraîne une chute drastique des prix du lait et conduit directement à la prochaine crise laitière », explique l'European Milk Board (EMB), la confédération européenne regroupant des organisations de producteurs laitiers en Europe.

Le lait déborde et les prix plongent

Cette association, qui proteste contre « la mauvaise gestion du marché laitier », est à l'origine de la manifestation. Pour symboliser la surproduction actuelle qui affecte les marchés laitiers européens, les manifestants ont « symboliquement » déversé un 'lac de lait' d'environ 5 000 litres devant le Parlement européen. « Les excédents du marché font chuter les prix au plus bas. La survie des exploitations ne peut plus être assurée », explique l'EMB.

L'offre étant supérieure à la demande, le prix du litre se négocie autour de 25 centimes alors qu'il en coûte près de 40 aux éleveurs, selon l'EMB. Pour certains producteurs, la situation s'annonce désormais plus grave que lors de la précédente « crise du lait » de 2009, qui avait entraîné des manifestations parfois spectaculaires. L'EMB estime relativement limité le coût d'un programme destiné à maintenir le prix à un niveau supérieur à 30 centimes/kg: « Seuls 450 millions d'euros seraient nécessaires pour réduire la production de l'UE de 2% ».

Dans le cadre de la réforme actuelle de l'organisation commune des marchés agricoles, les producteurs laitiers de l'EMB revendiquent des mesures concrètes, comme une réduction volontaire de la production et la mise en place d'une agence de surveillance européenne afin que l'offre et la demande puissent se rééquilibrer sur les marchés laitiers.

« Les députés européens doivent maintenant bien réfléchir à la réforme de la PAC et engager les bonnes mesures en faveur du marché laitier. L'atterrissage dit en douceur prévu par la Commission européenne signifie un deuxième atterrissage en catastrophe en seulement trois ans. Un des seuls remèdes est de réduire la production, et ce à court terme au mieux en recourant à la réduction volontaire des volumes. Il faut reprendre les bonnes approches du rapport sur l'organisation des marchés agricoles présenté par le Parlement européen et les développer avec la classe politique, en se montrant constructifs mais aussi déterminés », a déclaré le président de l'EMB, Romuald Schaber. Pour rappel, la Commission propose la fin en 2015 des quotas de production de lait.

L'EMB représente actuellement 19 organisations issues de 14 pays européens, soit 100 000 éleveurs. Ces pays membres produisent environ 75% du lait européen.

COPA-COGECA, nouveau président du groupe de travail lait. Mardi 10 juillet, le Britannique Mansel Raymond a été élu président du groupe de travail « lait et produits laitiers » du COPA-COGECA. Il concentrera son énergie sur les moyens d'améliorer la situation du marché et sur les grands défis que constituent l'extrême volatilité du marché, l'augmentation des coûts de production et la compétitivité du secteur laitier dans la future PAC (politique agricole commune). M. Raymond est actuellement président du Dairy board de la National Farmers' Union (NFU). Il a déclaré: « Les producteurs laitiers contribuent à la sécurité alimentaire et au maintien de l'emploi dans les zones rurales. Cependant, ils sont confrontés à une situation de marché difficile, avec des baisses de prix du lait qui ne sont pas toujours le résultat de changements de consommation. Du fait de coûts de production élevés qui dépassent dans certains pays le prix que les producteurs reçoivent pour leur lait, la chute des prix ramène le secteur à une situation similaire à celle connue en 2009, mais pour des raisons différentes. Les producteurs laitiers n'ont pas encore réussi à se remettre financièrement de la crise de 2009. Les baisses récentes du prix du lait départ exploitation constatées au Royaume-Uni, en Pologne, en Lituanie, en Slovaquie et dans plusieurs autres pays ne sont ni acceptables, ni justifiées. Les producteurs laitiers s'opposent donc à toute réduction supplémentaire des prix du lait et demandent de toute urgence que les prix augmentent afin de garantir la sécurité de l'approvisionnement ».

Le secrétaire général du COPA-COGECA, Pekka Pesonen, a demandé une réforme de la PAC « qui ne soit pas synonyme d'augmentation des coûts de production en faisant pression sur la production européenne d'aliments pour animaux ». Il souhaite aussi que le prix d'intervention communautaire pour le beurre et le lait écrémé en poudre soit actualisé pour qu'il tienne compte des coûts de production plus élevés auxquels les agriculteurs sont confrontés. Le stockage privé devrait également rester une mesure obligatoire et non facultative, selon Pekka Pesonen. (LC)

 

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