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Bulletin Quotidien Europe N° 10653
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POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) climat

émissions des voitures et camionnettes en 2020, des objectifs réalistes

Bruxelles, 11/07/2012 (Agence Europe) - Ramener à 95 grammes par kilomètre la moyenne des émissions de CO2 des voitures neuves et celle des camionnettes à 147 grammes par kilomètre à l'horizon 2020, c'est faisable, réaliste et bénéfique, tant pour le climat que pour la compétitivité, l'innovation des constructeurs et des équipementiers, et la poche des consommateurs. Connie Hedegaard, commissaire à l'Action pour le climat l'a affirmé mercredi 11 juillet, et la Commission européenne en fait la démonstration dans deux propositions adoptées le même jour par le collège. Les deux projets de règlements se fondent sur une analyse technique et économique de la Commission et contiennent les modalités qu'elle propose pour la mise en œuvre de la législation concernant la réduction des émissions de CO2 de la flotte de voitures neuves et de camionnettes nouvellement immatriculées dans l'UE à l'horizon 2020. Les objectifs de 2020, que la Commission propose de rendre contraignants, étaient déjà envisagés dans les deux règlements en vigueur (celui de 2009 pour les voitures particulières et celui de 2011 sur les camionnettes) mais doivent encore être mis en œuvre.

Si les propositions sont adoptées, elles permettront de ramener les émissions moyennes des voitures à 95 grammes de CO2 par kilomètre en 2020 (contre 135,7 g CO2/km en 2011), sachant qu'il existe déjà un objectif contraignant fixé à 130 g CO2/km pour 2015. Les émissions des véhicules utilitaires légers seront, quant à elles, ramenées de 181,4 g CO2/km en 2010 (dernière année pour laquelle des chiffres sont disponibles) à 147 g CO2/km en 2020, avec un objectif contraignant de 175 g CO2/km en 2017.

Présentant ces propositions à la presse, Connie Hedegaard, commissaire à l'Action pour le climat a parlé de projets « règlements justes et équilibrés, ambitieux mais réalistes, bénéfiques pour tout le monde » et a réfuté avec vigueur les affirmations selon lesquelles la courbe déterminant le partage de l'effort entre les différents types de voitures particulières favoriserait les grosses berlines. « Nous conservons l'équilibre de 2009. Tous les constructeurs devront faire le même effort en termes relatifs rapportés à la masse globale », a-t-elle assuré. Les super crédits qui devraient permettre aux fabricants de voitures particulières de produire des voitures émettant peu de CO2 en faisant preuve d'innovation auront cours jusqu'en 2020, et pour les camionnettes « il n'y aura pas de super crédit en 2020 ». Ces projets, appelés à modifier les deux règlements en vigueur représentent, selon elle « un pas supplémentaire vers une économie compétitive à faibles émissions de carbone. Il convient de préparer d'autres réductions des émissions de CO2 au-delà de l'horizon 2020 », a-t-elle ajouté.

Selon la Commission les objectifs de 2020 sont économiquement justifiés et d'un bon rapport coût-efficacité puisque la technologie de réduction des émissions de CO2 et des voitures moins énergivores existe déjà, et que les coûts sont nettement inférieurs aux prévisions. Chaque propriétaire de voiture neuve pourra économiser en moyenne quelque 340 euros en frais de carburant au cours de la première année d'utilisation, soit entre 2 904 et 3 836 euros sur toute la durée de vie du véhicule (13 ans), par rapport à l'objectif de 2015. Pour les camionnettes, l'économie moyenne de carburant est évaluée à 400 euros pendant la première année, soit entre 3 363 et 4 564 euros sur13 ans.

Les consommateurs économiseront globalement quelque 30 milliards euros par an en carburant et, d'après les estimations, les objectifs de 2020 pourraient engendrer une hausse du PIB de l'UE de 12 milliards d'euros par an et un accroissement annuel des investissements dans l'emploi de quelque 9 milliards d'euros. En extrapolant à l'horizon 2030, la Commission table sur une économie de 160 millions de tonnes de pétrole (soit environ 70 milliards d'euros au prix actuel) et d'environ 420 millions de tonnes de CO2.

Aux côtés de la Commissaire, Monique Goyens, directrice générale du BEUC s'est félicitée de ces propositions « qui permettront aux consommateurs de réaliser des économies de carburant de 344 euros par an pour un véhicule à essence et 465 euros par an pour un véhicule diesel ». Cela est d'autant plus important que le budget voiture représente 13% des dépenses des ménages, que la moitié de la facture est imputable au fonctionnement de la voiture et que les consommateurs sont très préoccupés par la hausse vertigineuse du prix des carburants, a-t-elle rappelé. Et d'ajouter: « Le prix d'achat d'une voiture propre sera plus élevé, mais il n'est pas sûr que les constructeurs le répercutent car le marché est très compétitif. C'est donc une période idéale pour les véhicules à faibles émissions. Ces propositions excellentes arrivent à point nommé ».

Pour l'ACEA, les objectifs proposés par la Commission sont « des objectifs ambitieux, les plus ambitieux au monde » et « beaucoup plus contraignants que ceux des Etats-Unis, de la Chine et du Japon, ce qui va accroître les coûts de production en Europe, créer un désavantage compétitif pour la région et retarder le renouvellement de la flotte ». Matthias Groote (S&D, Allemagne) qui préside la commission de l'environnement du Parlement européen, juge quant à lui, que les propositions de la Commission devraient être beaucoup plus ambitieuses puisque qu'elle «se contentent de nous permettre de garder le cap de nos objectifs existants ». (AN)

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