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Bulletin Quotidien Europe N° 10643
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POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) agriculture

La France « défendra le budget agricole et la PAC »

Bruxelles, 27/06/2012 (Agence Europe) - Le ministre français de l'Agriculture a souligné mardi 26 juin, devant la presse à Bruxelles, que la négociation sur la réforme de la politique agricole commune (PAC) était « suspendue » à celle sur le cadre financier pluriannuel de l'UE pour 2014-2020. Ainsi, « la position de la France sera de défendre le budget agricole et la PAC », a-t-il ajouté à l'issue d'un entretien avec le commissaire européen chargé de l'Agriculture Dacian Ciolos. Il s'est aussi déclaré favorable au verdissement du premier (aides directes) et aussi du deuxième (développement rural) pilier de la PAC, tout en notant que, en la matière, « il faut des souplesses pour que ça fonctionne ».

« Il faut passer des normes par exploitation à une nouvelle dynamique, à une organisation plus collective », a-t-il dit. Pour la convergence des paiements directs au sein des États membres, M. Le Foll a souligné la nécessité de « tenir compte de l'emploi ». « On devra réfléchir » sur ce qui pourra être fait en France, a-t-il souligné, jugeant peu plausible l'idée d'un taux unique.

Le ministre français a déclaré qu'il allait se battre en faveur du maintien après 2014 de l'aide alimentaire aux plus démunis, programme européen dont dépendent de nombreuses associations caritatives mais dont l'avenir est menacé. Contesté par plusieurs pays européens formant une minorité de blocage au sein de l'UE, parmi lesquels l'Allemagne, la Suède et le Royaume-Uni, ce programme avait obtenu un sursis provisoire l'an dernier à la suite d'un compromis franco-allemand négocié par le prédécesseur de M. Le Foll, Bruno Le Maire. Berlin avait accepté de prolonger le programme en 2012 et 2013 en échange du constat que les conditions n'étaient « pas réunies » pour que l'UE finance l'aide aux démunis au-delà. Mais le nouveau gouvernement français a l'intention de remettre en cause ce compromis et de « voir comment on peut maintenir le programme », a dit M. Le Foll. « Je n'ai pas encore abordé ce sujet avec ma collègue allemande, mais je l'aborderai », a-t-il promis. L'Allemagne arguait que ce programme de 500 millions d'euros annuels relevait davantage de la politique sociale et n'était donc pas du ressort de l'Union européenne. « Tout semble indiquer qu'il y aura des évolutions sur les lignes budgétaires » pour financer ce programme, par exemple en tirant les fonds nécessaires d'un autre volet du budget européen que celui des dépenses agricoles, a estimé M. Le Foll. Pour lui, la crise est « suffisamment profonde » pour qu'on ne supprime pas ce programme, « quand on sait les difficultés d'accès à l'alimentation qu'a une partie de la population européenne ». (LC)

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