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Bulletin Quotidien Europe N° 10637
POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) jai

La Commission veut s'attaquer à la traite des êtres humains dans l'UE

Bruxelles, 19/06/2012 (Agence Europe) - La Commission européenne a présenté mardi 19 juin une stratégie européenne visant à lutter contre la traite des êtres humains dans l'UE dont sont victimes chaque année des centaines de milliers de personnes, a expliqué la commissaire en charge Cecilia Malmström. La Commission entend même éradiquer le phénomène dans les 5 ans. « Malheureusement, l'esclavage n'est pas encore un sujet réservé aux livres d'histoire. C'est terrible de voir, aujourd'hui encore, des êtres humains mis en vente, contraints au travail forcé ou à la prostitution », a déploré Mme Malmström.

La stratégie comporte 40 nouvelles mesures, qui devront compléter la législation contraignante déjà adoptée et en cours de transposition dans les États membres, en l'occurrence la directive sur la prévention de la traite des êtres humains et la lutte contre le phénomène. Les États membres doivent transposer cette directive d'ici au mois d'avril 2013.

Parmi les mesures proposées figurent la mise en place d'unités de répression nationales spécialisées dans la traite des êtres humains - qui n'existent pas dans tous les États membres -, la création d'unités communes d'enquêtes associant Europol et Eurojust dans les cas impliquant le transfrontalier, l'information claire des victimes sur leurs droits (à une assistance, à des prestations de santé et à un permis de séjour et de leurs droits en matière de travail) ou encore la création d'un « mécanisme européen destiné à mieux détecter, orienter, protéger et aider les victimes d'un trafic ». L'idée est aussi de travailler, au sein de grandes coalitions (entreprises, associations etc..), de plancher sur les causes du phénomène et sur la réduction de l'offre et de la demande, a expliqué Mme Malmström.

Selon des estimations de l'Organisation internationale du travail (OIT), les personnes victimes du travail forcé, exploitation sexuelle comprise, sont au nombre de 20,9 millions dans le monde, dont 5,5 millions d'enfants, rappelle la Commission. Dans les économies développées (États-Unis, Canada, Australie, Japon, Norvège et États membres de l'UE), « on estime à 1,5 million le nombre de travailleurs forcés, soit 7% du total mondial. La traite des êtres humains procure aux organisations criminelles internationales du monde entier des bénéfices qui dépassent les 25 milliards d'euros annuels », poursuit la Commission. Et « bien que les victimes soient souvent originaires de pays n'appartenant pas à l'UE, la traite intérieure (c'est-à-dire celle dont sont victimes des citoyens de l'UE à l'intérieur de l'UE) semble être à la hausse ». La stratégie présentée doit s'étaler jusqu'en 2016. La Commission prévoit de faire rapport sur sa mise en œuvre tous les deux ans avec un premier bilan à mi-parcours en 2014. (SP)

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