Bruxelles, 19/06/2012 (Agence Europe) - S'inquiétant de l'importance que prend le phénomène des troubles musculo-squelettiques (TMS), « qui frappent tous les secteurs de l'activité industrielle », la Confédération européenne des syndicats (CES) a demandé, mardi 19 juin, à la Commission européenne d'accélérer son travail, pour proposer enfin une approche globale.
Après presque 10 ans de travail sur une directive spécifique aux TMS, la Commission devrait, selon la CES, profiter des préparatifs sur la stratégie communautaire de santé et sécurité au travail pour la période 2013-2020 pour faire des avancées dans ce dossier. L'approche européenne continue d'être, à l'heure actuelle, trop fragmentée (plusieurs directives s'y réfèrent et les législations nationales varient considérablement). Pour Judith Kirton-Darling, secrétaire confédérale de la CES, « une législation communautaire globale sur les risques musculo-squelettiques aurait une valeur ajoutée pour les États membres et permettrait de relancer plus efficacement les politiques de prévention ».
Pour souligner l'importance des TMS, la CES s'appuie sur l'enquête européenne de 2010 sur les conditions de travail qui démontre notamment que ce problème est aujourd'hui à la source de la majorité des plaintes des travailleurs lorsqu'ils s'expriment sur les conséquences négatives de leur travail sur leur santé. Par ailleurs les TMS « sont à l'origine du nombre le plus élevé de maladies professionnelles reconnues et indemnisées » et sont responsables de nombreuses absences et parfois de pertes d'emploi. « L'aggravation de la situation est liée à l'intensification du travail, à la prévalence encore très forte, entre autres, de gestes répétitifs au travail ainsi qu'aux interactions entre des facteurs matériels (comme des équipements inadéquats) et des facteurs psycho-mentaux », souligne le communiqué de la CES. (JK)