Bruxelles, 19/06/2012 (Agence Europe) - La Pologne et la Lituanie, qui ont été soutenues par plusieurs pays (Espagne, Lettonie, Bulgarie, Portugal) ont demandé lundi 18 juin à la Commission européenne de prendre des mesures de marché pour répondre à la baisse des prix du lait et des produits laitiers. La Pologne et la Lituanie ont demandé notamment la révision à la hausse des prix de référence et d'intervention pour le beurre et le lait écrémé en poudre. La Commission a dit qu'elle surveillait de près la situation et se montrait prête à intervenir si nécessaire.
Ces derniers mois, la tendance s'est inversée et les prix du lait se sont orientés à la baisse. Ceci dit, la dernière moyenne pour l'UE du prix du lait payé à la ferme était encore de 32 centimes par kilogramme pour le mois d'avril, ce qui est nettement supérieur au niveau constaté en 2009 lors de la crise du lait, expliquent les services du commissaire Dacian Ciolos. Il admet que la situation concernant le beurre est plus compliquée. Les exportations ont baissé de 29% au cours des premiers mois de 2012. Ce déséquilibre sur le marché du beurre fait suite à une situation de tension inverse où le beurre était plutôt en déficit qu'en excédent. Cette baisse a permis au beurre de retrouver une certaine compétitivité sur le marché mondial et permet d'espérer une reprise des exportations sans restitutions, explique-t-on à la Commission.
Il existe trois instruments de filet de sécurité: - intervention publique (les opérateurs peuvent offrir du beurre et du lait écrémé en poudre aux stocks publics) ; - stockage privé (les producteurs peuvent obtenir une aide pour le stockage privé du beurre) ; - restitutions à l'exportation (les producteurs peuvent aussi, chaque mois, présenter des offres à une adjudication pour obtenir des restitutions à l'exportation pour le beurre et la poudre de lait). Jusqu'à présent, les opérateurs ont choisi de ne recourir qu'au seul stockage privé du beurre. Toutefois, les quantités stockées à la première semaine de juin ont commencé à diminuer par rapport à la semaine précédente. La Commission estime que les conditions pour réactiver les restitutions à l'exportation ne sont pas remplies.
S'agissant de la demande de révision à la hausse des prix de référence et d'intervention pour le beurre et le lait écrémé en poudre, « ce n'est pas notre choix de considérer les instruments d'intervention comme un débouché à l'égal du marché », a dit le commissaire Ciolos. Probablement il ya un problème de prix dû à la mauvaise structure de la production. Il existe beaucoup de petits producteurs avec un pouvoir de négociation individuel pauvre. Afin d'améliorer la situation et d'obtenir une répartition plus équitable de la valeur dans la chaîne alimentaire, une meilleure coopération entre les producteurs serait nécessaire, admet la Commission. Le paquet lait traite précisément de ce problème, mais c'est aux pays de l'UE et aux producteurs d'effectuer les démarches nécessaires pour tirer parti des nouveaux outils mis à leur disposition. (LC)