Bruxelles, 19/06/2012 (Agence Europe) - L'aide financière européenne qui proviendra des fonds de sauvetage transitera à travers l'État espagnol et pèsera sur la dette publique du pays, a confirmé mardi 19 juin la Commission européenne, alors que Madrid continue à se battre pour une recapitalisation directe de se son secteur bancaire. « Il y a des instruments en place et à mettre en œuvre » prévoyant que toute aide financière est accordée à un État qui en fait la demande, a indiqué le porte-parole du commissaire chargé de l'euro Olli Rehn. Il a reconnu qu'une recapitalisation directe des banques par les fonds européens de sauvetage aurait l'avantage de « casser le lien entre crise bancaire et crise de la dette publique », mais de tels changements du fonctionnement des fonds européens ne pourraient intervenir qu'« à moyen terme ».
Lundi, lors de son intervention dans le cadre du G20, le Premier ministre espagnol Mariano Rajoy a souligné la nécessité de « rompre le lien entre le risque bancaire et le risque souverain qui s'avère énormément dommageable », indique El País. Malgré la décision de l'Eurogroupe d'accorder à l'Espagne une aide maximale de 100 milliards d'euros pour soutenir son secteur bancaire plombé par l'éclatement de la bulle immobilière (EUROPE n° 10631), le pays inquiète les marchés et continue à emprunter au prix fort. Il a placé, mardi, 2,4 milliards d'euros de bons à 1 an à un taux moyen de 5% (3% lors d'une opération équivalente en mai). Les rapports des auditeurs indépendants sur les besoins des banques espagnoles sont attendus pour jeudi.
L'Eurogroupe prévoit que l'aide à l'Espagne soit issue du Fonds européen de stabilité financière (FESF), fonds provisoire encore doté de 240 milliards d'euros, et du Mécanisme européen de stabilité (MES), fonds permanent doté de 500 milliards d'euros. Un financement à travers le MES recueille la préférence des pays de la zone euro, notamment parce que ce fonds sera prioritaire en matière de remboursement des prêts par rapport aux autres investisseurs. La Commission a « bon espoir » qu'une majorité suffisante de pays de l'Eurozone ratifieront « dans les prochaines semaines » le traité instituant le MES de manière à ce que celui-ci soit opérationnel en « juillet », a indiqué un porte-parole. Pour que le MES entre en vigueur, les ratifications de pays représentant 90% de son capital sont nécessaires. À ce jour, trois pays (France, Grèce, Slovénie) ont notifié la ratification du MES, selon le site Internet du Conseil. L'Allemagne devrait voter le 29 juin. Lundi, le ministre italien des Affaires européennes Enzo Moavero Milanesi s'est interrogé sur la capacité du parlement national à agir dans les temps, l'Italie pesant sur près de 18% du capital du mécanisme permanent. (MB)