Bruxelles, 19/06/2012 (Agence Europe) - Les ambassadeurs des 27 États membres pourraient mercredi 20 juin débloquer un important dossier avec la Turquie, en l'occurrence celui du futur régime de facilitation des visas (et libéralisation à terme) qu'ils conditionneront à la signature préalable par Ankara d'un accord de réadmission sur son sol de ses migrants (ou des migrants d'autres nationalités entrés dans l'UE via la Turquie). C'est en tout cas l'intention de la présidence danoise qui doit soumettre aux 27 un projet de conclusions en ce sens.
L'idée de ces conclusions en préparation depuis plusieurs semaines serait de donner à Ankara une série de conditions à remplir, comme signer un accord de réadmission avec l'UE, respecter les accords bilatéraux de réadmission déjà existants ou encore développer la lutte contre la criminalité organisée et le terrorisme et, en échange, de recommander à la Commission européenne d'ouvrir ce dialogue sur les visas, à travers la rédaction d'un plan d'action ou d'une feuille de route. Selon une source du Conseil, les ambassadeurs pourraient se mettre d'accord sur le contenu de ces conclusions dès ce 20 juin et si cela devait se produire, les choses pourraient alors aller relativement rapidement, une signature de l'accord de réadmission UE/Turquie étant possible « dès la semaine prochaine ». La Commission, elle, disposerait dès lors du 'feu vert' ou du « mandat » nécessaire pour s'atteler à ce dialogue sur les visas.
À ce stade, un seul pays se montrerait très réticent, Chypre en l'occurrence, et d'autres pays auraient encore quelques réserves. Mais pour la France, par exemple, ces dernières réserves pourraient être levées mercredi lors de l'examen des conclusions, l'essentiel étant de parvenir au meilleur équilibre possible, indique un porte-parole du gouvernement français.
La Turquie avait négocié avec l'UE un accord de réadmission au début de l'année 2011 mais avait ensuite refusé de le signer en réaction au refus des États membres d'ouvrir en contrepartie une discussion sur les visas, qu'Ankara demande depuis des années et dont elle s'estime injustement privée. Cette absence d'accord de réadmission entre l'UE et la Turquie a en tout cas été dénoncée à de nombreuses reprises par les autorités grecques, montrées du doigt pour leurs défaillances dans la gestion des flux migratoires mais s'étant aussi heurtées au refus de la Turquie de reprendre ses migrants arrivés en Grèce. (SP)