Bruxelles, 19/06/2012 (Agence Europe) - Tout en ouvrant la porte à des accords de libre-échange avec des pays de la région autres que Singapour, la Malaisie et le Vietnam, l'UE maintient ses ambitions pour une relation économique de bloc à bloc plus approfondie avec l'ASEAN.
Singapour, accord possible avant fin 2012. Après un premier accord commercial de nouvelle génération ficelé en 2010 (et entré en vigueur le 1er juillet 2011) avec la Corée du Sud, l'UE pourrait boucler cette année son premier accord bilatéral de libre-échange avec une économie du sud-est asiatique, la cité-État de Singapour, avec laquelle « le plus de progrès ont été accomplis », selon Karel De Gucht. « Peut-être parce que le commerce est comme une seconde nature pour ce pays », Singapour a « une bonne chance » d'achever ses négociations « cette année » avec l'UE, « si les deux parties font un dernier effort pour combler les dernières divergences », a assuré le commissaire au Commerce, lors d'un séminaire organisé par Friends of Europe, le 19 juin à Bruxelles. Avec la Malaisie, « il faudra plus de temps pour se rapprocher de la ligne d'arrivée », précise M. De Gucht, qui annoncera la semaine prochaine le lancement officiel des négociations entre l'UE et le Vietnam, avec un premier tour de table programmé après les vacances d'été. Pour les autres économies de la zone ASEAN, « la porte reste ouverte », assure le commissaire, dont les services poursuivent les contacts avec l'Indonésie, les Philippines et la Thaïlande. Quant à la Birmanie/Myanmar, M. De Gucht salue les « progrès remarquables » des réformes politiques entreprises par la junte militaire en place, récompensés par la levée de toutes les sanctions de l'UE excepté l'embargo sur les armes. « Il s'agit d'une opportunité pour une impulsion majeure dans notre coopération, mais ce n'est pas la fin du processus. L'UE suivra de près l'évolution des politiques au Myanmar, à la lumière de laquelle nous considèrerons d'aller plus avant », a-t-il précisé.
Un accord de bloc à bloc reste dans les plans. Si ces accords « individuels » sont « importants », les ambitions de l'UE pour ses relations avec l'ASEAN en tant que bloc « vont au-delà », assure néanmoins le commissaire. Les échanges bilatéraux UE/ASEAN ont atteint 200 milliards d'euros en 2011, l'Europe est le premier débouché pour les exportations du bloc sud-est asiatique, mais l'UE, premier investisseur dans la région, avec 25% des investissements directs étrangers réalisés dans la zone, voudrait profiter des avantages d'un marché unifié entre ses dix pays membres (Brunei, Cambodge et Laos s'ajoutent aux pays déjà cités). « Si l'économie mondiale est une machine interconnectée, les économies régionales le sont encore plus. Libérer la transmission de la croissance au sein des régions est tout aussi important. Le marché unique de l'UE en est la preuve », insiste M. De Gucht, soulignant la faiblesse du commerce intra-régional au sein du bloc du sud-est asiatique, qui ne s'élève qu'à 30%, contre 60% en Europe. Aussi le commissaire défend-il le projet d'une intégration accrue dans la région, via l'achèvement d'ici 2015, de la Communauté économique de l'ASEAN. « L'intégration des marchés libérera les flux commerciaux, stimulera le développement des entreprises et encouragera l'investissement. Les 600 millions d'habitants de la région ont tout à gagner, à travers la création d'emplois et un plus grand choix de marchandises à des prix plus compétitifs. C'est pourquoi l'UE continue de soutenir ces efforts », insiste-t-il, rappelant que les programmes de coopération bilatéraux soutenus par UE servent à financer l'expertise dans des domaines vitaux pour l'intégration de la région ASEAN, incluant les douanes, les normes, des droits de propriété intellectuelle et l'aviation civile. Mais l'Europe ne veut pas s'en arrêter à la seule coopération. « Notre ambition pour nos futures relations commerciales avec le région n'est pas seulement d'avoir une série d'accords bilatéraux, comme à présent. Nous voyons ces négociations actuelles comme un tremplin vers un accord avec l'ensemble de la région ASEAN », assure M. De Gucht. L'idée étant « d'abord établir la masse critique de libéralisation au niveau des pays ». (EH)