L'Europe, cible privilégiée des investisseurs asiatiques. - Selon une étude menée par Ernst & Young Global Ltd, les entreprises chinoises tentent de plus en plus de prendre le contrôle d'entreprises européennes. Le Japon et la Chine figurent en effet en tête du peloton des investisseurs en Europe dans les deux premiers mois de 2012, avec des transactions qui ont atteint près de 11 milliards de dollars. Ils ont été suivis par la Corée du Sud, l'Inde et l'Australie. Selon Ernst & Young, l'intérêt des investisseurs asiatiques en Europe a augmenté depuis 2010 et ce mouvement est encore susceptible de prendre de l'ampleur en 2012, car les Chinois sont conscients du contexte financier particulier actuel de l'Europe. « Les prix, les taux de change et la dynamique d'affaires travaillent tous actuellement au bénéfice des investisseurs asiatiques. C'est le bon moment pour eux d'acquérir et de faire de la croissance en Europe », souligne un expert Ernst & Young. Les transactions ont porté sur une grande variété d'entreprises, la plupart d'entre elles étant actives dans les produits industriels, les services informatiques et les logiciels, les services financiers et l'industrie chimique. Selon le cabinet d'études, les entreprises asiatiques devraient profiter encore de la situation actuelle pour se développer en Europe, parce que cela leur permettrait de gagner immédiatement des clients fidèles et d'augmenter rapidement la taille de leurs parts de marché. L'Europe leur donnerait aussi de solides moyens pour davantage d'expansion sur les autres marchés internationaux. L'étude constate par ailleurs que les entreprises asiatiques lorgnent vers l'Allemagne et le Royaume-Uni notamment afin d'améliorer leurs capacités en matière de recherche, de développement et d'innovation, pour renforcer la qualité de leurs produits et améliorer leurs capacités en matière de recherche et développement dans la région Asie-Pacifique. La combinaison de ces facteurs a conduit de manière générale la région Asie-Pacifique à se tourner de plus en plus vers l'Europe pour y faire des acquisitions. Au cours des dernières années, l'Australie est devenue le principal acquéreur en la matière, représentant 22% des opérations de fusion et d'acquisition à l'étranger qui ont été faites en Europe. Elle a été suivie par l'Inde (19%), la Chine (18%) et le Japon (18%). Le Japon a dépensé plus dans les fusions et acquisitions en Europe que sur tout autre marché dans la région Asie-Pacifique, et il a investi environ 79 milliards de dollars depuis 2007. Selon Ernst & Young, la situation financière et économique actuelle en Europe donne aux entreprises de la région Asie-Pacifique des opportunités d'acquisition à des prix attractifs. L'Allemagne figure de loin en tête des intentions d'investissements de la part des investisseurs chinois (14% des intentions), loin devant le Royaume-Uni, l'Espagne et la France (environ 2%). La première raison invoquée pour investir en Europe est l'accès à de nouveaux marchés (73% des sondés). L'Allemagne attire les investisseurs chinois en raison de la qualité de ses produits, son savoir-faire dans les méthodes de production, l'innovation et la qualité de la main-d'œuvre salariée. Les affinités avec la mentalité des managers allemands dans les négociations d'affaires sont également citées. Ernst & Young ne craint pas pour autant un pillage du savoir-faire européen par les Chinois. Au contraire, ceux-ci garantissent le maintien et le développement de l'emploi industriel sur les sites acquis, en particulier dans les secteurs automobile et des machines-outils. Ernst & Yong constate également que les flux d'investissement entre l'Allemagne et la Chine sont actuellement très déséquilibrés. D'après la Bundesbank, les investissements chinois en Allemagne totalisaient 829 millions d'euros à la fin 2010 contre 29,5 millions d'euros en sens inverse. L'écart devrait se resserrer. Un sondage mené par Ernst & Young également, en collaboration avec la banque de données Economist entre février et mars, confirme ces tendances. Un panel de 1 500 hauts représentants de plus de 400 entreprises du Top 500 mondial, parmi lesquels 85 entrepreneurs chinois, a été interrogé. Près de 70% des hommes d'affaires chinois estiment que l'économie mondiale est en train de sortir de la crise financière et que la crise de la dette de l'euro leur offre des opportunités d'investissement. Plus de 40% des entreprises chinoises déclarent réfléchir à des investissements en Europe, par le bais d'opérations de fusion ou d'acquisition. (IL)