Bruxelles, 30/05/2012 (Agence Europe) - Le président français François Hollande a évoqué plusieurs sujets de nature européenne tels que les euro-obligations, la Grèce et les mesures de croissance, mardi 29 mai au soir sur la chaîne de télévision France2.
Euro-obligations. La chancelière allemande Angela Merkel « est hostile aux 'euro-bonds', c'est-à-dire à la possibilité pour l'Europe d'emprunter, mais elle ne dit pas 'jamais', elle dit 'pas tout de suite' », a-t-il déclaré, estimant que la position allemande pouvait « ouvrir un certain nombre de compromis ». Le dernier sommet européen a lancé la réflexion sur un renforcement du volet économique de l'Union économique et monétaire, qui pourrait à terme déboucher sur une mutualisation partielle des dettes souveraines dans la zone euro. Mais les autorités allemandes craignent, avec les eurobonds, d'être contraintes à emprunter plus cher sur les marchés et de perdre un moyen de pression politique sur les pays en difficulté.
M. Hollande a estimé « acté le fait qu'il y aura des mesures de croissance en plus du Pacte budgétaire », sans préciser la nature du lien entre ces mesures et le Pacte budgétaire signé à 25 États membres (EUROPE n°10619). Mme Merkel « admet le principe de la croissance comme j'admets le principe du sérieux budgétaire », a-t-il indiqué. Parlant d'une Europe où « les plans d'austérité se généralisent » alors qu'une récession menace, il a dit ne « pas accepter que l'Europe soit regardée comme un continent malade », comme lors de la dernière réunion du G8 où les partenaires de l'UE auraient jeté sur l'Europe un regard de « compassion ». Et d'ajouter: « L'Europe, c'est la première puissance économique du monde. L'Europe a une monnaie, elle doit la défendre. Elle a une capacité d'investissement très grande, elle doit la mettre en œuvre ».
Grèce. Lors des élections législatives du 17 juin, j'espère que les Grecs, « que je respecte », feront « le choix de l'Europe », a-t-il indiqué. Il les a néanmoins placés devant « leurs responsabilités »: « Attention ! Ce que vous allez décider le 17 juin va avoir des conséquences pour vous et pour nous ». Interrogé sur la question de la fraude fiscale dans le pays, il a estimé que les Grecs avaient « beaucoup donné dans cette dernière période en termes de pouvoir d'achat, de renoncement à des droits ». Il a quand même jugé inacceptable que « des Grecs très riches (…) échappent à l'impôt ».
Sur le couple franco-allemand, M. Hollande a admis « la nécessité d'une amitié avec l'Allemagne qui puisse entraîner les autres » États membres, tout en étant « respectueux de nos partenaires et aussi des institutions européennes ». (MB)