Bruxelles, 30/05/2012 (Agence Europe) - La Commission européenne a proposé au Conseil Écofin, mercredi 30 mai, que l'Espagne ait jusqu'en 2014, au lieu de 2013, pour ramener son déficit excessif sous la barre des 3% du PIB national, alors que les autorités n'apparaissent pas très enthousiastes face à la perspective de disposer d'un délai supplémentaire d'un an pour assainir les finances publiques. Une décision finale devra être prise lors d'une prochaine réunion du Conseil Écofin.
À condition que le gouvernement espagnol contrôle les dépenses des communautés régionales et des entités publiques et qu'il présente « un solide plan budgétaire pour 2013 et 2014 », nous sommes prêts à considérer une extension à 2014 de la date limite fixée pour corriger le déficit excessif, a déclaré le commissaire chargé de l'euro Olli Rehn, en présentant les recommandations de la Commission sur les politiques budgétaires et macroéconomiques de chaque État membre.
Relevant que l'effort budgétaire espagnol devrait être « supérieur à 1,5% du PIB sur la période 2010-2013 », M. Rehn a justifié la recommandation de la Commission - prise « à l'unanimité » selon son président José Manuel Durão Barroso - en considérant que Madrid étant en passe d'atteindre l'objectif de réduction de son déficit d'un point de vue « structurel », c'est-à-dire sans prendre en compte les effets de la conjoncture, comme l'autorise le Pacte de stabilité révisé. L'Espagne devrait être « le seul pays de l'Eurozone » en récession cette année (hors pays sous programme), a indiqué le commissaire. Qui a refusé qu'on prête à la Commission une certaine « indulgence » envers l'Espagne, même s'il n'a pas répondu à la question l'interrogeant sur la possibilité que d'autres pays bénéficient d'une marge supplémentaire, comme les pays sous programme et ceux ayant dû prendre des mesures additionnelles d'économies pour respecter la limite des 3% du PIB dès 2012.
M. Rehn a exhorté le gouvernement espagnol à prendre des « actions décisives » en vue d'assainir le secteur bancaire et de contrôler les dépenses régionales. Il n'a pas souhaité spéculer sur la manière optimale de recapitaliser les caisses d'épargne espagnoles, une décision n'ayant pas encore été prise sur la façon dont l'État espagnol procédera au sauvetage de Bankia pour un montant total de 23 milliards d'euros. « Une dépense publique a un impact sur le déficit d'un pays lorsque le gouvernement n'agit pas comme un investisseur privé à la recherche d'un profit financier et se limite à couvrir les pertes » enregistrées, a-t-il souligné. Et d'admettre que les fonds européens de sauvetage ne prévoient pas le versement direct d'aides à un secteur bancaire. (MB)