Bruxelles, 30/05/2012 (Agence Europe) - La recherche de solutions communes pour une sortie de crise en Somalie, dans les deux Soudan, en Guinée Bissau et au Mali ont dominé la cinquième réunion consultative conjointe du comité politique et de sécurité de l'Union européenne (COPS) et du conseil de paix et de sécurité (CPS) de l'Union africaine, mardi 29 mai à Bruxelles. Ce dialogue essentiel à la mise en œuvre de la stratégie conjointe UE/Afrique a, de l'avis des participants, permis de renforcer la coordination des positions entre l'UE et l'UA sur des défis particulièrement importants sur l'agenda de la sécurité en Afrique.
« Depuis deux ans, le continent connaît des soubresauts. La Charte de la démocratie, de la gouvernance et des élections est entrée en vigueur en février, et presque dans la foulée, il y a eu le coup d'État en Guinée Bissau, ensuite, ce fut le Mali. La particularité cette année, c'est que nous avons mis beaucoup l'accent sur les changements anticonstitutionnels. Nous avons des objectifs communs pour toutes les situations qui ont cours sur le continent », a déclaré mercredi à la presse Jacques-Alfred Ndoumbe Eboule, président en exercice du CPS de l'UA. L'ambassadeur Olog Skoog, président permanent du COPS de l'UE s'est réjoui de l'unité de vues dont témoigne la déclaration conjointe adoptée à l'issue des travaux.
Somalie: les deux parties ont souligné l'importance de faire converger l'agenda politique et de sécurité. « Au plan politique, nous sommes préoccupés par les retards dans le processus de transition. Nous avons réitéré la nécessité de poursuivre ce processus dans le respect du calendrier établi », a résumé
M. Skoog. La déclaration rappelle que la date butoir pour l'achèvement de la transition est le 20 août. Elle salue les réalisations de la mission de l'Union africaine en Somalie (AMISOM), l'appui substantiel que lui fournit l'UE, la contribution de la mission EUNAFOR Atalanta à la lutte contre la piraterie, et la décision de l'UE de déployer très prochainement une mission régionale de construction des capacités pour aider la Somalie et les pays de la région à assurer la sécurité maritime.
Soudan/Soudan du Sud. Les deux parties ont exprimé leurs préoccupations les plus vives pour les tensions entre les deux pays voisins et pour la crise humanitaire dans les États du Kordofan méridional et du Nil bleu. Les deux parties ont dit aussi leur franc soutien à la feuille de route adoptée par le conseil de paix et de sécurité de l'UA ainsi qu'au travail de médiation de l'ancien président sud-africain Tabo Mbeki. Le Soudan comme le Soudan du Sud doivent mettre en œuvre sans tarder la feuille de route de l'UA et la résolution du Conseil de sécurité des Nations unies 2046 (2012), souligne le communiqué conjoint. « Nous sommes convaincus que les réformes sont nécessaires dans les deux pays pour construire une vraie démocratie et les institutions représentant tous les groupes pour prévenir à l'avenir toute nouvelle crise », a indiqué l'ambassadeur Skoog.
Sahel et Mali. La discussion a essentiellement porté sur le Mali. Réitérant leur condamnation la plus ferme du coup d'État, les Européens et les Africains ont appelé toutes les parties à coopérer pleinement avec le gouvernement transitoire pour s'entendre sur une feuille de route inclusive en vue du retour à l'ordre constitutionnel et civil. Les deux parties disent l'importance qu'elles attachent à l'intégrité territoriale du pays. Elles condamnent fermement les violations des droits humains au Nord du Mali par les rebelles et les groupes armés et terroristes. Les efforts de la CEDEAO pour préserver l'unité du pays et l'initiative de l'UA visant à établir un groupe de soutien et de suivi sur le Mali qui se réunira pour la première fois à Abidjan le 7 juin prochain sont en revanche salués.
Guinée Bissau: les deux parties prônent le respect de la résolution du conseil de sécurité, le retour à l'ordre constitutionnel et « une réflexion générale sur le problème inhérent à la Guniée - à savoir le fait que les militaires ont tendance à influer constamment sur le processus politique », a expliqué l'ambassadeur Skoog. Pour le plus long terme, les partenaires de l'UE et de l'UA sont résolus à travailler dur pour s'impliquer dans la réforme du secteur de la sécurité et la construction d'institutions véritablement durables. (AN)