Bruxelles, 30/05/2012 (Agence Europe) - Face à la rumeur évoquant une enquête antidumping de l'UE sur les équipementiers de télécommunications chinois Huawei et ZTE, la Suède s'alarme de possibles représailles.
La ministre suédoise du Commerce Ewa Bjorling a averti mardi 29 mai du risque de représailles contre le secteur des télécommunications de l'UE en cas d'enquête de la Commission visant les aides publiques qu'auraient perçues des équipementiers chinois de télécoms. Le Financial Times a mis le feu aux poudres, le jour même, en révélant que l'exécutif européen avait rassemblé suffisamment de preuves que les équipementiers chinois de télécoms Huawei et ZTE ont bénéficié de subventions de Beijing pour vendre des biens dans l'UE en deçà de leurs coûts, et ainsi gagner une part de marché importante sur le marché mondial, leur permettant de menacer deux des leaders européens, Nokia Siemens Networks et Alcatel Lucent. Une rumeur non confirmée mardi par les services du commissaire au Commerce Karel De Gucht, et démentie par Huawei et ZTE. Mme Björling a pourtant confirmé, dans des propos relayés par l'agence Dow Jones, que des responsables européens avaient informé les États membres de l'UE, lors d'une réunion privée à Bruxelles la semaine dernière, qu'il existait des preuves que Huawei Technologies et ZTE avaient bénéficié d'aides d'État. La ministre suédoise a néanmoins dit craindre le risque de représailles susceptibles de pénaliser l'équipementier suédois Ericsson, si l'UE décide d'imposer des droits de douane aux produits exportés par les deux équipementiers chinois. Et pour cause: si la part de marché des compagnies chinoises sur le marché européen des équipements de télécoms approche 30%, celle des équipementiers européens sur le marché chinois atteint 45%. (EH)