Bruxelles, 30/05/2012 (Agence Europe) - Le président français, François Hollande, a annoncé, mardi 29 mai à la télévision française, qu'une intervention militaire en Syrie « n'est pas exclue à condition qu'elle se fasse dans le respect du droit international, c'est-à-dire par une délibération du conseil de sécurité » des Nations unies. Il a aussi prôné la recherche d'autres moyens pour résoudre la crise. « À moi, à d'autres, de convaincre Russes et Chinois et aussi de trouver une solution qui ne serait pas forcément militaire », a-t-il précisé, alors qu'il rencontrera le 1er juin le président russe, Vladimir Poutine, avec qui il discutera de
« sanctions beaucoup plus fortes ». « La pression doit se faire dès à présent pour chasser le régime de Bachar al-Assad. Nous devons trouver une autre solution », a-t-il ajouté.
Le ministre de la Défense belge Peter De Crem n'a pas non plus exclu l'option militaire, au sein d'un contingent international. « Si l'on fait appel à la Belgique et que le gouvernement le juge nécessaire, nous pouvons le faire », a-t-il expliqué, précisant que cette idée doit être approuvée par la communauté internationale et liée à un mandat des Nations unies mais tout en excluant une intervention de l'Otan comme en Libye.
Selon le ministre des Affaires étrangères britannique William Hague, l'intervention militaire n'est pas prise en considération. « Il n'y a pas de soutien, pas d'unanimité, sur une intervention au conseil de sécurité », a-t-il dit, ajoutant que « tous nos efforts vont à soutenir le plan Annan, et à essayer de parvenir à une transition pacifique ». L'UE réfléchit aussi à « un nouveau resserrement des sanctions », a-t-il précisé. De plus, les athlètes syriens pourraient être interdits de Jeux Olympiques de Londres cet été, a-t-il expliqué. Son homologue allemand, Guido Westerwelle, a souligné dans une interview à paraître ce jeudi, qu'il « n'y a pas de raison de spéculer sur des options militaires (…) Nous voulons aider les Syriens et éviter que l'incendie ne s'étende dans la région ». Le porte-parole du ministère a aussi précisé que le plan de Kofi Annan est « la meilleure option pour agir en Syrie ».
De son côté, la Haute représentante de l'UE Catherine Ashton a rappelé le « soutien complet » de l'UE au plan de Kofi Annan, sa pleine mise en place, et a demandé au conseil de sécurité de rester saisi de la question.
Les États-Unis ont souligné qu'une intervention n'est pas « la décision appropriée pour le moment, car elle conduirait à plus de chaos et de carnages ». La Russie a jugé « prématurée » toute nouvelle action de l'ONU « pour influer sur la situation ».
Pas de position européenne sur l'expulsion des ambassadeurs
L'Espagne et la Bulgarie ont expulsé les ambassadeurs syriens sur leur territoire, tout comme la Turquie et la Suisse. L'ambassadeur syrien auprès de la Belgique et des Pays Bas est considéré comme
« persona non grata » par ces pays mais il est autorisé à rester à Bruxelles car il représente aussi son pays auprès de l'UE, qui n'a pas décidé de faire de même. La Grèce a convoqué l'envoyé de la Syrie pour exprimer son « dégoût » et sa « ferme condamnation » du massacre d'Houla. La Roumanie et la Pologne comptent maintenir leurs ambassadeurs à Damas et Bucarest, comme les pays nordiques, n'a pas expulsé les représentants syriens. La Roumanie s'inquiéterait de la situation de ses ressortissants sur place. « Les intérêts sont trop divergents au sein de l'UE pour s'entendre sur une ligne commune », a reconnu un diplomate européen.
La Russie a condamné le renvoi « contreproductif » des ambassadeurs syriens. « Les canaux importants d'échange d'opinions et d'influence sur le gouvernement syrien pour l'encourager à mettre en œuvre le plan Annan sont désormais fermés », a souligné le ministère des Affaires étrangères russe.
Mercredi, la Syrie a ordonné à la chargée d'affaires des Pays-Bas de quitter le pays, celle-ci l'ayant quitté dès mardi d'après la diplomatie néerlandaise. (CG)