login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 10623
Sommaire Publication complète Par article 23 / 32
POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) politique ÉnergÉtique

L'UE est en retard sur ses objectifs, avertit le CESE

Bruxelles, 30/05/2012 (Agence Europe) - Les progrès de l'UE et de certains de ses États membres vers une économie à faible teneur en carbone sont, aux yeux du Comité économique et social européen (CESE), dangereusement en baisse au regard des objectifs énergétiques actuels. L'Europe doit accélérer le rythme, avertit le CESE.

Dans son avis, rendu le 29 mai, sur la feuille de route énergétique à l'horizon 2050, présentée fin 2011 par la Commission (EUROPE n° 10517), le CESE juge que l'UE discerne mal dans quelle mesure elle est en deçà de ses objectifs climatiques. « Le déclin de procédés de production très polluants dans l'UE, leur croissance dans d'autres parties du monde et les importations dans l'UE masquent l'ampleur du manque à gagner », estime le rapporteur Pierre Jean Coulon (groupe des travailleurs, France). S'il ne presse pas pour de nouveaux objectifs de long terme pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre - 80-95% d'ici 2050 dans la proposition de la Commission, le CESE plaide pour des objectifs à moyen terme clairs qui, s'ils sont adéquatement contrôlés, guideront les progrès au cours des années à venir. En outre, compte tenu du délai de mise en œuvre et de rendement des investissements énergétiques, qui peuvent prendre des décennies, le CESE prône des objectifs indicatifs pour 2030. Il juge en outre que le système de prix des émissions de carbone est « trop faible et trop instable pour donner un signal utile aux investisseurs ».

Jugeant par ailleurs que l'amélioration de l'efficacité énergétique n'est pas assez rapide, le CESE plaide pour une intensification de l'action de l'UE pour établir des normes communes en la matière dans tous les secteurs. Concernant les renouvelables, le CESE pointe du doigt l'instabilité du soutien des gouvernements et la résistance locale comme des obstacles majeurs à leur développement. Le CESE se dit particulièrement consterné par la lenteur de la modernisation du réseau et des installations de stockage d'énergie. « Il faudra un leadership politique très déterminé et cohérent pour atteindre les objectifs à l'horizon 2050 en matière de renouvelables », insiste M Coulon. À court terme, l'investissement nécessaire pour atteindre ces objectifs conduira à des augmentations des prix de l'énergie et des coûts supplémentaires pour les consommateurs et les entreprises, d'où l'urgence d'en mesurer et chiffrer, d'en débattre et d'en accepter les effets avec toutes les parties prenantes ; à plus long terme, il rendra l'UE plus résistante et compétitive au niveau mondial que si elle continue simplement avec les politiques actuelles. « L'acceptation publique des choix énergétiques est un défi pour les démocraties de l'Europe d'aujourd'hui », insiste Richard Adams (groupe des activités diverses, Royaume-Uni), co-rapporteur. La feuille de route 2050 doit être utilisée non seulement pour lancer un débat le plus large parmi les Européens, mais aussi pour promouvoir un engagement à tous les niveaux - personnel, régional, national et européen, estime M. Coulon. En conclusion, le CESE réitère son appel pour la création d'un forum de la société civile européenne pour stimuler la circulation de l'information au sein de l'UE en réunissant régulièrement toutes les parties prenantes pour débattre de la transition énergétique. (EH)

Sommaire

AU-DELÀ DE L'INFORMATION
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
POLITIQUES SECTORIELLES
ACTION EXTÉRIEURE