Bruxelles, 15/05/2012 (Agence Europe) - L'Eurogroupe maintient une pression maximale sur la Grèce pour qu'elle forme un gouvernement stable et favorable à la mise en œuvre du 2ème programme d'ajustement agréé en mars en échange d'une aide publique de 130 milliards d'euros. Convaincu que la stratégie préconisée de consolidation budgétaire et de réformes structurelles est la bonne, il ne donne aucun signe montrant qu'il envisage une révision des objectifs et du calendrier assignés, même si son président Jean-Claude Juncker n'a, à nouveau, pas exclu une telle possibilité, lundi 14 mai au soir. Et d'assurer n'avoir jamais évoqué une sortie de la Grèce de l'Eurozone.
« Ce n'est pas le moment de relâcher les efforts. Au contraire », a déclaré le président de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker, parfaitement conscient des sacrifices demandés à la population grecque, lundi 14 mai au soir. Rappelant « la contribution significative » (148 milliards d'euros de prêts) des créanciers institutionnels, il a espéré que les forces politiques grecques seront en mesure de former rapidement un gouvernement qui reprenne à son compte le 2ème programme et obtienne une « majorité suffisante » au parlement national. De cette façon, la Grèce poursuivra la consolidation budgétaire et les réformes structurelles pour offrir « un avenir meilleur » à la population.
Propagande. M. Juncker a souligné « le désir inébranlable » de l'Eurogroupe que la Grèce continue à être l'un des « 17 copropriétaires de l'Eurozone ». « Absolument personne n'a plaidé » pour une sortie de ce pays, a-t-il assuré, qualifiant d'« absurdité » et de « propagande » les propos faisant allusion à une telle possibilité. Les jours précédents, le ministre allemand des Finances ainsi que le président de la Commission européenne José Manuel Durão Barroso n'avaient pourtant pas dit autre chose (EUROPE n°10614). La ministre autrichienne des Finances Maria Fekter a rappelé qu'un pays ne pouvait pas sortir de l'euro sans sortir de l'UE. Pour son homologue luxembourgeois Luc Frieden, le prochain gouvernement grec devra respecter le 2ème programme grec sinon l'UE ne pourra plus apporter son aide financière.
Il est évident qu'en Grèce la mise en œuvre du programme est « plus difficile » principalement pour deux raisons: « Un manque d'unité politique et une faible capacité administrative », a estimé le commissaire chargé de l'euro Olli Rehn. Selon lui, le 2ème programme grec constitue un « pacte de solidarité » entre, d'une part, le parlement grec et, de l'autre, les seize autres parlements nationaux de la zone euro. Et, puisque l'Eurogroupe n'a pas abordé la question d'une révision des objectifs budgétaires fixés, le commissaire s'attend à ce que la Grèce, comme les autres pays de la zone euro, respecte ses propres objectifs. (MB)