Bruxelles, 15/05/2012 (Agence Europe) - L'UE veut convaincre les États-Unis d'ouvrir des négociations de libre-échange pour envoyer un signal aux pays émergents. De Gucht veut un accord d'ici la mi-2014.
La cause est entendue depuis leur dernier sommet bilatéral, le 29 novembre: l'UE et les États-Unis envisagent de négocier un pacte commercial. Le groupe de haut niveau mis en place par les présidents Herman Van Rompuy (Conseil européen) et José Manuel Barroso (Commission), et le président américain Barack Obama, et chargé d'étudier la possibilité d'un accord de libre-échange pour stimuler une relation commerciale qui pèse aujourd'hui plus de 4000 milliards de dollars, en exploitant de nouvelles sources de croissance et d'emploi pour les deux premières économies mondiales en perte de vitesse, doit remettre ses conclusions en juin, avant un rapport final destiné au prochain sommet UE/États-Unis, fin 2012. Côté européen, Karel De Gucht, qui copréside le Conseil économique transatlantique aux côtés du représentant américain au Commerce Ron Kirk, souhaite négocier dès 2013 et conclure d'ici la mi-2014 un accord ambitieux.
S'exprimant lors d'un séminaire organisé par la Chambre de commerce américaine en Allemagne, le 11 mai à Hambourg, le commissaire au Commerce a levé le voile sur les discussions du groupe de haut niveau piloté par le directeur général de la DG Commerce Jean-Luc Demarty et l'adjointe de Ron Kirk, Miriam Sapiro. Un accord éventuel couvrirait les droits de douane sur les produits agricoles et industriels, dont Européens et Américains espèrent « obtenir autant que possible une élimination totale ». Il couvrirait aussi les services, pour lesquels les partenaires ont tous deux des « intérêts offensifs » en matière d'accès au marché et aspirent à une coopération réglementaire accrue. Un troisième chapitre concernerait les marchés publics, pour lesquels l'UE souhaite des exceptions dans le cadre du Buy American Act, et des engagements substantiels supplémentaires au niveau des États américains. Enfin, Européens et Américains veulent établir une plateforme commune de discussion pour les questions réglementaires sur les produits alimentaires et non alimentaires, en vue de trouver une solution rapide et réaliste à des désaccords tels que ceux qui ont envenimé les relations transatlantiques par le passé (poulet chloré, produits chimiques, bœuf aux hormones et OGM).
Le commissaire De Gucht espère négocier un accord « ambitieux mais réaliste » dès le début 2013, en limitant les discussions à 18 mois. « Cela ne peut se faire que dans un accord global sur toutes les questions en jeu, dans un seul paquet », espère-t-il, expliquant qu'« une approche fragmentaire permettrait, au mieux, de résoudre les problèmes faciles, tandis que les plus difficiles, qui ont le plus grand potentiel pour générer de la croissance et des emplois, seraient mis de côté ». En visite à Washington le 14 mai, le commissaire à l'Industrie Antonio Tajani a lui aussi exprimé l'espoir que l'UE et les États-Unis concluent un accord de libre-échange d'ici 2014, en dépit de différends commerciaux bilatéraux encore importants. (EH)