Bruxelles, 15/05/2012 (Agence Europe) - Une action de l'UE à l'OMC contre le protectionnisme argentin serait imminente, selon une source gouvernementale espagnole. La Commission dément, mais à Genève, des pays membres de l'OMC continuent de critiquer la multiplication des licences d'importation argentines.
L'UE aurait « accepté » de déposer une plainte à l'OMC contre les restrictions à l'importation de l'Argentine, plainte qui se traduirait, en cas de victoire, par des « sanctions commerciales très graves » pour son partenaire latino-américain, selon une source gouvernementale espagnole citée par l'agence Reuters, le 14 mai. La procédure ne serait pas directement liée à l'expropriation, mi-avril, du pétrolier espagnol Repsol de sa filiale argentine YPF, mais la décision argentine aurait joué un rôle dans la décision de l'UE. Interrogés mardi, les services du commissaire au Commerce Karel De Gucht n'ont pas souhaité commenter la rumeur.
Dans un courrier adressé au ministre argentin du Commerce Hector Timerman au lendemain de l'annonce de l'expropriation de Repsol, M. De Gucht avait dénoncé la série de mesures restrictives aux échanges prises par Buenos Aires depuis 2008, en particulier la multiplication des produits soumis à les licences d'importation, et averti n'exclure aucune option pour résoudre cette question aux plans bilatéral et multilatéral.
Aux côtés des États-Unis et d'une dizaine d'autres pays membres développés et émergents, l'UE avait dénoncé à l'OMC, fin mars, les obstacles à l'importation dressés par l'Argentine depuis 2008, fustigeant l'extension « considérable » de sa liste de produits soumis à des licences d'importation. Lors d'une réunion du comité de l'OMC sur les licences d'importation le 27 avril, l'Australie, le Canada, la Corée du Sud, le Costa Rica, la Colombie, les États-Unis, le Japon, la Norvège, la Nouvelle-Zélande, le Pérou, la Thaïlande, la Turquie, Taïwan, la Suisse et l'UE ont relayé les plaintes de leurs producteurs et commerçants relatives à la diminution de leurs exportations vers l'Argentine, ou leur retardement du fait des procédures et prescriptions nationales, qualifiées de protectionnistes par certains. Objectant que les statistiques montrent une progression de ses importations depuis la plupart de ces pays, l'Argentine a réaffirmé que ces mesures sont conformes à l'accord OMC sur les licences d'importation et se justifient en période de crise économique mondiale. (EH)