Bruxelles, 08/03/2012 (Agence Europe) - À l'occasion du 20ème anniversaire de l'effondrement de l'Union soviétique et en réaction aux résultats des élections présidentielles de la Fédération de Russie, le groupe du Parti populaire européen (PPE) au Parlement européen et la Fondation Robert Schuman ont organisé une conférence intitulée « Life after the Soviet Union », mercredi 7 mars. Plusieurs intervenants de la génération post-soviétique ont été invités à s'exprimer sur les impacts de la chute de l'URSS sur l'identité des peuples européens mais aussi à partager leur expérience personnelle de ces vingt années de reconstruction.
Questionnant le concept d' « identité » en Europe, l'idée qu'il persiste un clivage entre les pays de l'UE et les anciens pays du bloc de l'Est a été critiquée à plusieurs reprises. « S'il y a une leçon que l'on doit tirer de la chute de l'Union soviétique, c'est qu'il n'y a pas un bloc de l'Est mais bien des pays avec chacun leur histoire, leur trajectoire », a déclaré Maryia Ivanova Nedelcheva (bulgare). Sidonia Jedrzejewska (polonaise) a également remis en cause l'idée d'une « identité » d'Europe centrale soutenant que « chaque pays a vécu l'expérience du communisme de façon différente ».
Dans son discours d'ouverture, Joseph Daul, président du PPE au Parlement, a insisté sur l'importance de garder en mémoire cette tranche d'histoire et de sensibiliser la nouvelle génération d'Européens qui « doit comprendre l'histoire épineuse de l'Europe afin d'être bien équipée pour prévenir un affaiblissement des valeurs fondamentales européennes: la démocratie, la liberté, la tolérance et le respect des droits de l'Homme », a-t-il souligné.
Mais le retour de Vladimir Poutine à la tête du Kremlin laisse présager un recul des principes démocratiques en Russie. Comme l'a expliqué Vladimir V. Kara-Murza, journaliste et historien russe, V. Poutine a toujours imposé un régime autoritaire, et ce depuis les premières années de son règne, enfermant ses opposants, muselant la presse indépendante et truquant les résultats électoraux. Mais selon M. Kara-Kurza, l'ère Poutine, fondée sur les idées d' « invincibilité » du leader et de consentement du peuple russe, « s'est terminée au moment où 100 000 personnes sont descendues dans la rue pour protester », en décembre dernier, contre l'annonce du dirigeant russe de se représenter à la présidence. L'ancien président du Parlement européen, Jerzy Buzek (PPE, polonais), a rappelé que l'objectif du Parlement est avant tout de défendre la dignité humaine « qui est remise en question à chaque fois que la politique ne sert pas la population », a-t-il prévenu. (SD/stagiaire)