Bruxelles, 08/03/2012 (Agence Europe) - Les femmes sont sous-représentées dans la sphère politique, or elles ont un rôle indispensable à jouer dans la résolution de crise et de conflits. À l'occasion de la journée de la femme, jeudi 8 mars, des figures féminines phares à l'international ont rappelé qu'il faut à tout prix inclure la dimension féminine dans les politiques globales.
Célébrant la journée internationale de la femme, la Haute représentante de l'UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Catherine Ashton, estime qu' « il faut être fier des progrès accomplis, mais ce jour nous rappelle que bien du travail doit encore être accompli pour atteindre une véritable égalité des genres ». La commissaire européenne en charge des affaires intérieures, Cecilia Malmström, a également déploré sur son compte twitter qu'il y avait encore du chemin à faire, alors qu'elle comptait le nombre d'homme et de femmes qui siègent à ses côtés dans le collège de la Commission européenne (18 hommes pour 9 femmes).
Un constat de sous-représentation des femmes en politique partagé par la Haut-commissaire des Nations unies aux droits de l'Homme, Navi Pillay, qui, en se basant sur les statistiques des Nations unies déplorait aussi que « jusqu'à l'année dernière, les femmes ne détenaient que 19,3% des sièges dans les chambres de députés des parlements à travers le monde » et que ces dernières souffrent d'un manque de couverture médiatique. « Avec trop peu de femmes responsables en politique et malheureusement trop peu de femmes dirigeantes dans l'industrie, elles ne participent pas aux discussions décisives pour trouver des solutions aux crises mondiales », regrette-t-elle. Souvent plus durement affectées par ces crises, elles peuvent aussi changer la donne, poursuit-t-elle: « Ce qui est moins reconnu, c'est que les femmes peuvent être, et sont de fait, de puissants agents du changement. On peut compter sur elles pour faire face à des défis apparemment insurmontables, avec une grande force de caractère, de la créativité et de l'intelligence ». Un point de vue qui fait écho aux déclarations de la directrice exécutive d'ONU Femmes, Michelle Bachelet, en cette journée dédiée aux femmes: « Aucune solution durable aux changements majeurs qui se produisent à l'heure actuelle - depuis les changements climatiques jusqu'à l'instabilité politique et économique - ne peut être trouvée sans la pleine autonomisation et participation des femmes à travers le monde ».
Catherine Ashton a également déclaré qu'« alors que les femmes sont encore sous représentée politiquement, l'Union européenne a été encouragée par les rôles au premier plan qu'elles ont joué dans le 'printemps arabe'. Nous espérons que les femmes continueront à jouer un rôle central alors que ces pays continuent leur transition politique. L'UE continuera à apporter son soutien aux groupes de femmes en Méditerranée du sud, tout comme dans le reste du monde, à travers des projets comme celui qui permet à des femmes libyennes de surveiller des élections en Tunisie ». (MD)