Bruxelles, 06/03/2012 (Agence Europe) - La Commission européenne devrait dire mercredi 7 mars quelle suite elle entend donner aux trois procédures d'infraction ouvertes contre la Hongrie le 17 février dernier, en l'occurrence sur l'indépendance de la banque centrale, l'âge de mise à la retraite des juges et sur l'autorité de protection des données. La Commission avait aussi parallèlement adressé à Budapest deux autres demandes d'explication, sur la conception plus générale de la justice et de l'indépendance du système ainsi que sur la loi sur les médias et l'état de la liberté de la presse.
Les commissaires compétents présenteront mercredi le résultat de leurs analyses, Budapest ayant répondu à temps à ces requêtes, le 17 février dernier. Mais la commissaire européenne Viviane Reding, responsable de la justice, a estimé, lundi 5 mars, lors d'une conférence de presse, que les réponses aux trois lettres d'infraction étaient « vagues ».
La Hongrie se retrouve au cœur d'une série d'actions tous azimuts de la part de la Commission, la dernière en date étant la proposition faite par le commissaire Olli Rehn de geler le versement de près de 500 millions d'euros de fonds structurels à partir de 2013, en raison du manque de progrès de Budapest dans la réduction de son déficit budgétaire. Une proposition que devront valider ce mois les ministres de l'Écofin. Outre les infractions ouvertes, qui retardent notamment les discussions sur le prêt que Budapest demande à l'UE et au FMI, la Hongrie a aussi fait l'objet de 2 résolutions du Parlement, dénonçant en 2011 sa loi sur les médias et plus récemment l'état plus général de sa démocratie.
Sur les trois procédures d'infraction, la Hongrie avait en tout cas déjà laissé entendre qu'elle ne céderait pas à toutes les demandes de la Commission, comme, pour la banque centrale, sur l'obligation de prêter serment ou sur le plafonnement du salaire du gouverneur. Selon certains médias hongrois, le pays s'apprêterait d'ailleurs à voir les procédures se poursuivre contre lui à l'issue de la décision du collège. Certains points pourraient être éteints rapidement mais d'autres pourraient faire l'objet d'une deuxième phase dans la procédure, à savoir l'avis motivé, a ainsi expliqué un porte-parole du Premier ministre Orban. « Sur une ou deux questions, il est concevable que la Commission entrera dans une nouvelle phase puisque nous n'avons pu trouver un accord ou que nos arguments n'ont pas été acceptés », a dit Péter Szijjártó.
Pour Janos Lazar, le chef du groupe parlementaire du Fidesz, cité par Bloomberg, il y aura en effet des résultats différents, « dont certains iront devant les tribunaux » et sur d'autres points, « nous serons en mesure de nous entendre », a-t-il dit. Ajoutant par ailleurs que le gouvernement hongrois resterait « déterminé ». (SP)