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Bulletin Quotidien Europe N° 10568
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POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) Énergie

Nucléaire, les 'stress tests' toujours insuffisants pour les Verts

Bruxelles, 06/03/2012 (Agence Europe) - À l'approche du premier anniversaire de la catastrophe de Fukushima Daiichi au Japon, survenue le 11 mars 2011 suite à un séisme et à un tsunami, le groupe des Verts/ALE au Parlement européen organise une conférence, mercredi 7 mars, sur les impacts et les conséquences de l'accident nucléaire en Europe et dans le monde, et sur l'avenir de l'énergie atomique.

Parmi les différents sujets abordés, la question des tests de résistance (stress tests) effectués sur les centrales nucléaires européennes sera au cœur du débat, le groupe des Verts soutenant que les 'stress tests' échouent à analyser les vrais risques en termes de sécurité et de sûreté des centrales nucléaires européennes. Lancés en juin2011, ces 'stress tests' doivent répondre à une série de critères communs établis par le groupement européen des autorités nationales de sûreté (ENSREG) et la Commission européenne.

En écho à une étude de novembre 2011 qui critique l'efficacité des 'stress tests', l'eurodéputé Yannick Jadot (Verts/ALE, français) a jugé, mardi 6 mars, que « ces tests ne parviennent pas à évaluer les risques posés par des facteurs internes, comme les incendies, les défaillances humaines, la dégradation ou le dysfonctionnement des infrastructures, ou la combinaison de ces facteurs, et ils évaluent mal les risques de menaces extérieures, comme le crash d'un avion ». La Commission européenne, quant à elle, a indiqué dans un rapport intermédiaire que les tests de résistance effectués sur les 143 réacteurs nucléaires en opération dans 14 États membres de l'UE étaient « en bonne voie ».

Malgré une défiance grandissante à l'égard de l'énergie atomique, les autorités japonaises sont, de leur côté, résolues à relancer l'activité de leurs centrales nucléaires. « La décision de poursuivre l'exploitation des centrales nucléaires au Japon dépendra de leurs résultats aux stress tests européens », a indiqué l'Allemande Rebecca Harms, co-présidente du groupe des Verts/ALE au Parlement européen. « Le gouvernement japonais a décidé de copier les 'stress tests' européens, ce que je considère être un 'alibi' de l'Europe » pour maintenir ouverte l'option du nucléaire dans l'UE, a-t-elle ajouté.

Pour les Verts, l'UE comme le Japon n'ont pas tiré les leçons du drame de Fukushima. Bien que l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) ait ouvert une enquête sur l'incident nucléaire, Masashi Goto, du Comité consultatif pour les 'stress tests' de la NISA, l'agence japonaise de sûreté nucléaire, a reproché l'absence d'analyse spécifique de l'accident survenu à Fukushima. « Nous n'avons pas d'analyse claire de ce qui s'est passé dans les réacteurs », a-t-il déclaré, « et aujourd'hui, une fois encore, on ne relance pas les analyses de risque alors qu'on compte relancer les réactions ». Si M. Goto a protesté contre une première batterie de tests effectués au Japon, dont le rôle n'est pas tant d'assurer la sécurité nucléaire que de trouver des solutions ponctuelles en cas d'incidents. Il n'a pas semblé convaincu par l'importation des 'stress tests' européens au Japon dans le sens où « ces stress tests ne couvrent pas tous les problèmes ». L'écologiste Yannick Jadot a exposé très clairement la question du risque nucléaire en Europe: « prenez une carte de l'UE et tracez un cercle de 80 kilomètres autour des 143 réacteurs, car c'est le périmètre d'évacuation en cas d'accident, et vous aurez une idée du problème ». M. Jadot a estimé aussi que le drame nucléaire japonais a transformé les mentalités des citoyens européens qui « contestent de plus en plus le risque qu'on leur impose ». « Si l'heure est aujourd'hui à la commémoration, la catastrophe de Fukushima interroge forcément nos choix énergétiques (…) et a fait tomber le dernier mythe nucléaire du risque zéro », a-t-il insisté.

Rebecca Harms a tenu à rappeler qu'il n'existait toujours pas au niveau européen de normes de sécurité élevées contraignantes. Elle entend insister auprès de la Commission pour la mise en place d'une nouvelle législation communautaire sur la sûreté nucléaire. (SD/stagiaire)

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