Bruxelles, 20/02/2012 (Agence Europe) - L'Italie n'aura pas besoin d'un nouveau plan d'austérité, même si la récession devait durer, a assuré le Premier ministre italien Mario Monti, devant les représentants des milieux financiers italiens, réunis lundi 20 février à la Bourse de Milan.
Il a expliqué que des « marges de prudence » ont été incluses dans le plan de rigueur de 20 milliards d'euros adopté en décembre dernier par le Parlement italien (EUROPE n° 10518) et qui devrait permettre à l'Italie de revenir à l'équilibre budgétaire en 2013. « Nous avons été très prudents », a ajouté le premier ministre: les hypothèses de croissance retenues dans ce plan pour les prochaines années sont « très modestes », et celles sur des taux d'intérêt appliqués aux emprunts sont « très élevées », alors que ces taux ont nettement diminué depuis. Le gouvernement avait par ailleurs décidé de n'inclure dans le montant du plan « pas un seul euro » provenant de la lutte contre l'évasion fiscale, qui a été sensiblement renforcée récemment.
Toutefois, si le gouvernement italien est relativement 'optimiste', en tablant sur un recul du PIB de 0,4% en 2012 (après des reculs successifs de 0,2%, puis de 0,7% pendant les deux derniers trimestres de 2011), les prévisions de la Banque d'Italie et du FMI sont nettement plus pessimistes pour cette année, la première prévoyant un repli du PIB compris entre 1,2 et 1,5% et le deuxième un recul de 2,2%.
Le premier ministre a donc fortement insisté sur le besoin de croissance. « L'Italie a besoin de croissance, elle ne peut pas croître seule. L'Italie a besoin que l'Europe reconnaisse le besoin de croissance de l'Italie », a-t-il affirmé. M. Monti veut attirer l'attention de ses partenaires de l'Eurozone sur le danger de voir les tensions actuelles observées en Grèce en raison de la cure d'austérité imposée s'étendre à « un nombre croissant d'États où une possible perturbation aurait de graves conséquences». Pour cette raison, l'Italie vient de signer une lettre en faveur d'un plan d'action pour la croissance avec 11 autres pays européens (tels que le Royaume-Uni, les pays scandinaves ou d'Europe centrale (voir autre nouvelle)). Rome ne veut pas s'en tenir uniquement des politiques privilégiant l'austérité que prôneraient l'Allemagne et la France, et compte « miser aussi sur les pays externes à la zone euro qui ont envie de réformes et de croissance ».
Sur le plan intérieur, M. Monti s'est dit décidé à aller de l'avant en matière de réforme du marché du travail. Son gouvernement présentera un projet au parlement à ce sujet d'ici fin mars. « Nous le présenterons de toute manière, nous l'espérons, avec l'accord des partenaires sociaux ».
TTF. Enfin, M. Monti a enfin répété que l'Italie était « ouverte » à l'introduction d'une taxe sur les transactions financières (TTF) au niveau européen. Il s'est en revanche opposé à une telle mesure appliquée uniquement au « national comme pense faire le président Sarkozy » en France. (FG)