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Bulletin Quotidien Europe N° 10557
Sommaire Publication complète Par article 18 / 40
POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) agriculture

Via Campesina critique le compromis sur le lait

Bruxelles, 20/02/2012 (Agence Europe) - Le Parlement européen a entériné le 15 février dernier un règlement sur la contractualisation dans le secteur du lait « qui sert les intérêts de l'industrie » et qui ne prévoit pas de mécanismes permettant que les prix du lait rémunèrent les coûts de production et le travail, a déclaré vendredi 17 février European Coordination Via Campesina. Cette organisation estime que la réforme ne propose pas de solution aux problèmes à l'origine de la crise de 2009 et regrette l'absence de mesures évitant la volatilité des prix.

Le compromis sur la contractualisation prévoit que le volume de lait cru pouvant faire l'objet de négociations entre les organisations de producteurs et les transformateurs ou les collecteurs n'excède pas 3,5 % de la production européenne totale. Il ne pourra pas non plus dépasser 33 % de la production nationale globale ou 45 % dans les pays où la production totale est inférieure à 500 000 tonnes.

Selon Via Campesina, il n'est pas vrai que le nouveau règlement va renforcer le pouvoir de négociation des éleveurs, puisqu'il n'inclut « aucune formule pour fixer des prix qui permette d'intégrer les coûts de production et la rémunération du travail, ni non plus de mécanismes pouvant éviter l'imposition par l'industrie de conditions défavorables ou ruineuses pour les producteurs ».

Des multinationales comme Lactalis ou des grands groupes coopératifs pourront imposer leurs intérêts, grâce à un modèle de contractualisation fait à leur mesure, et non en fonction de l'intérêt général des citoyens et des producteurs, selon l'organisation. Comme remède aux crises, Via Campesina propose de « réguler publiquement la production et le marché », ceci afin d'équilibrer la chaîne alimentaire et éviter la volatilité des prix. Selon cette organisation, la production va continuer de se concentrer dans des exploitations de plus en plus grandes, de plus en plus industrialisées, « au détriment d'une production familiale durable et du maintien de la production dans toutes les régions laitières d'Europe ». De plus, avec cette réforme, le dumping des excédents laitiers de l'UE vers les pays tiers « va continuer, avec un impact important tant pour les producteurs européens que ceux des pays tiers ». Via Campesina note que quatre ministres européens ont eu le courage, lors du dernier Conseil Agriculture, d'exprimer leurs réticences face à la suppression des quotas laitiers en 2015. Et de conclure: « Une autre politique laitière est indispensable, une politique qui donne la priorité à la régulation de la production et à une production laitière durable fondée sur la production de fourrages des différentes régions et liée à la terre ». (LC)

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