Bruxelles, 20/02/2012 (Agence Europe) - La stabilisation de la Somalie et l'intensification de l'aide internationale à ce pays à la croisée des chemins seront au cœur de la conférence internationale sur la Somalie (Londres, 23 février) à laquelle l'UE sera représentée au plus haut niveau. Sachant que le mandat des institutions de transition somaliennes expire en août prochain, l'UE est prêtre à accroître ses financements pour peu que les perspectives de stabilisation soient bien là. Andris Piebalgs, commissaire au Développement, Kristalina Georgieva, commissaire à la Coopération internationale et l'Aide humanitaire, Catherine Ashton, la Haute représentante pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité, participeront à cet événement. En Europe pour préparer cette échéance cruciale, le Premier ministre de la Somalie Abdiwedi Mohammed Ali, s'est rendu lundi au secrétariat du groupe des États ACP et sera reçu mardi par José Manuel Barroso.
« La conférence de Londres est une énorme opportunité pour un changement politique en Somalie et pour le réengagement de la communauté internationale. L'UE est fermement engagée a soutenir les efforts visant à doter la Somalie d'une structure politique qui permette au peuple somalien de vivre pacifiquement dans un État de droit. Vingt années de violence, de pauvreté extrême, de mauvaise gouvernance ne sont satisfaisants ni pour le peuple, ni pour la communauté internationale. L'instabilité politique représente une menace non seulement pour le peuple mais pour la communauté internationale via les actes terroristes et la piraterie. Nous voulons aider le peuple à vivre en paix », a expliqué lundi à la presse Nicholas Westcott, directeur Afrique au Service européen pour l'action extérieure (SEAE). La conférence de Londres se tient à un moment critique puisque le processus politique qui était bloqué depuis deux ans connaît une accélération avec la feuille de route signée par toutes les parties somaliennes en juillet à Kampala. L'espoir de l'UE est grand de voir consolider ce processus, a-t-il indiqué. Francesca Mosca, d'Europaid voit dans cette conférence « une fenêtre d'opportunités pour une approche plus holistique de la Somalie » qui permette de traiter les aspects militaires, la formation des forces de police et la création d'un environnement favorable à l'emploi de manière plus intégrée.
Depuis 2008, 415 millions d'euros d'aide ont été mobilisés via le Fonds européen de développement (FED) pour l'éducation, l'agriculture, la santé, et la stabilisation du gouvernement local, et 258 millions (depuis 2007) pour soutenir l'AMISOM. « Nous espérons que davantage de donateurs se mobiliseront pour financer l'AMISOM. Une stratégie de sortie de l'AMISOM est une réelle possibilité si l'on réussit à établir un lien fort entre le processus politique, les Nations unies, l'AMISOM et le gouvernement local », a-t-elle estimé. Martin Landgraf d'ECHO (le service d'aide humanitaire de la Commission) a souligné qu'au plan humanitaire « la question la plus préoccupante est celle de l'accès aux victimes » entravé par les milices islamistes d'Al Shabab qui contrôlent la majeure partie du centre et du sud du pays. « La semaine dernière les Nations unies ont déclaré la fin de l'état de famine, mais la situation humanitaire est encore une urgence en raison du conflit et de l'absence de gouvernement », a-t-il déclaré. (AN)