login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 10552
Sommaire Publication complète Par article 31 / 36
ACTION EXTÉRIEURE / (ae) mÉditerranÉe

« scénario du co-développement » pour une région marquée par ses « complémentarités »

Bruxelles, 13/02/2012 (Agence Europe) - IPEMED, l'Institut français d'études méditerranéennes, a publié une étude intitulée « Méditerranée en 2030 », une vision prospective qui tente d'explorer « les voies d'un avenir meilleur » basé sur des « complémentarités à exploiter » et des « défis communs à relever ».

La « dimension régionale » dans le bassin méditerranéen est « certaine », affirme l'étude. Il y existe un « tissu de relations économiques, institutionnelles et humaines » qui conforte cette thèse, même si « à première vue, le diagnostic n'est pas immédiatement favorable à l'intégration méditerranéenne ». Ce diagnostic établit que « la convergence des revenus peine à se réaliser » entre les pays du pourtour méditerranéen ; « les échanges commerciaux et de capitaux y ont moins progressé » qu'avec les autres pays émergents. L'investissement des pays du Golfe est en trompe-l'œil, « orienté davantage vers le développement de l'immobilier, des télécommunications et, dans une moindre mesure, des services financiers ». L'étude affirme encore que « la diversification des échanges de biens et de capitaux pourrait constituer une opportunité si elle s'accompagnait d'une montée en gamme et de niveau technologique permettant des gains de productivité favorables à la croissance et à l'emploi ». La relation avec l'UE n'y a pas contribué, la « dynamique centrifuge de l'Europe n'a pas conduit à un flux d'investissement majeur (lesquels stagnent autour de 2%) », n'autorisant pas de « transferts technologiques significatifs ni à une cotraitance industrielle comparable à celle organisée avec les pays d'Europe de l'Est ou au sein de l'Asie émergente ».

Pour construire cet avenir commun, l'étude met en avant les menaces de marginalisation de la région et les divergences qui risquent de décourager l'instauration de cette zone commune de croissance, de complémentarités et de solidarités. « Que faire pour favoriser la convergence méditerranéenne ? » se demande l'IPEMED et l'ensemble des instituts d'études (CARIM, CIHEAM, FEMISE, OME), qu'il a fédérés pour la circonstance. L'étude analyse en premier « les scénarios de croissance pour la Méditerranée en 2030 » et « les perspectives d'emploi » lesquelles sont au centre des revendications qui ont mené aux bouleversements en cours dans la région, crises politiques au sud, économiques et financières au nord. En corollaire est abordée la question des « flux migratoires et transition démographique ». L'analyse a également ouvert les « perspectives énergétiques en Méditerranée » et les enjeux qui se profilent autour de ce sujet. Enfin, il est question de sécurité alimentaire et d'agriculture dans cette zone méditerranée marginalisée y compris au sein de la communauté européenne et qui peine à faire reconnaître ses spécificités. Or, selon l'étude, « les complémentarités régionales sont patentes. La Méditerranée est d'abord un espace où les préférences collectives des individus convergent du fait de l'importance des migrations, où la circulation des idées et des hommes va de pair avec une plus grande homogénéité des modes de vie et des aspirations ». Mais cette complémentarité ne saurait se limiter à une « complémentarité commerciale asymétrique », entre un Sud simple « pourvoyeur de ressources naturelles et de biens primaires à faible valeur ajoutée » et un Nord vendeur de « biens sophistiqués plus chers ».

Un jeu de scenarios est proposé, axé notamment sur les facteurs humains (emploi, capital humain, migration) et énergétiques (domaine considéré comme essentiel pour construire cette complémentarité qui semble incontournable) et aussi agricoles. « Dans vingt ans, la région comptera 100 millions d'habitants de plus qui résideront, pour leur grande majorité, en ville ou en zone périurbaine. L'augmentation du niveau de vie et l'évolution des habitudes alimentaires des nouveaux urbains vont engendrer de grandes évolutions dans les pratiques de consommation ». Globalement, « la consommation alimentaire individuelle de produits végétaux va continuer de baisser au profit de celle des produits carnés, laitiers et de ceux transformés à partir de produits animaux. Ce report de demande du végétal vers l'animal s'accompagne d'une croissance de la demande de produits végétaux pour l'alimentation animale mais également pour la production d'agro carburants ». Les habitudes alimentaires vont s'éloigner du « modèle crétois ».

En ce domaine également, « plusieurs scénarios sont envisageables, allant du pire, scenario de la crise de la Méditerranée, marqué par des ruptures et dissymétries croissantes vers un scénario souhaitable, celui de la convergence méditerranéenne, en passant éventuellement par des divergences de rythmes d'insertion dans une économie mondialisée, le scénario des divergences méditerranéennes ». En l'état, le commerce agricole demeure déséquilibré, plus ou moins fortement selon les pays partenaires. Le commerce agricole euro-méditerranéen reste donc fortement asymétrique. Alors que seulement 2 % des importations et exportations agricoles de l'Europe sont destinées aux Psem (pays du sud et est méditerranéen, ndlr), l'UE absorbe plus de 50% des exportations agricoles des ces pays et 30% de leurs importations agricoles. Si la Turquie est devenue progressivement une puissance agricole et agroalimentaire, le Maroc et la Tunisie parviennent, les bonnes années agricoles (donc à forte pluviosité), à équilibrer leurs balances commerciales avec l'UE tandis que l'Égypte et l'Algérie sont un poids important dans le déficit global des Psem. Le constat est que « la dépendance céréalière persiste » pour les pays des rives sud et est pour les Psem. Ils « accaparent presque 15% des importations mondiales de céréales, alors qu'ils ne représentent que 4% de la population mondiale ».

Parmi les conclusions, il y « peut-être alors un espace pour l'élaboration de nouvelles politiques agricoles et agroalimentaires concertées au nord et au sud de la Méditerranée » et globalement c'est un « scénario du co-développement » qui est suggéré. (FB)

 

Sommaire

AU-DELÀ DE L'INFORMATION
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
POLITIQUES SECTORIELLES
SOCIAL - ÉDUCATION
ACTION EXTÉRIEURE
AFFAIRES & ENTREPRISES
SUPPLÉMENT HEBDOMADAIRE