Bruxelles, 13/02/2012 (Agence Europe) - Si la Commission européenne partage les inquiétudes des eurodéputés quant à la situation des sans-abri dans l'UE par un temps de froid polaire, c'est aux États membres et aux autorités locales qu'incombe la responsabilité de leur venir en aide et de les assister par divers dispositifs ciblés et temporaires, puis structurels pour remédier d'une manière durable à leur exclusion sociale, a rappelé le commissaire européen Michel Barnier (Marché intérieur et services), lors d'un débat lundi 13 février à Strasbourg au Parlement européen.
Le commissaire Barnier a souligné que la capacité d'agir de l'UE dans ce domaine est fort limitée. Tout au plus, elle peut promouvoir une meilleure utilisation des fonds structurels européens, « simplifier les règles concernant les aides d'État destinées aux services sociaux qui accompagnent les personnes vulnérables » ou alléger les contraintes liées à la création et au fonctionnement des entreprises sociales. « Les entreprises et les gouvernements, les autorités régionales ou locales, les responsables des sociétés civiles, chacun à sa place pour faire au quotidien cette Europe sociale », a affirmé M. Barnier.
Joseph Daul (PPE, français) a rappelé que plus de 600 personnes sont décédées du froid et de l'isolement ces derniers jours en Europe. Il a déploré que les stocks de nourriture mis à disposition du programme d'aide alimentaire aux plus démunis soient au plus bas. Il a préconisé la prolongation au-delà de 2013 du programme d'aide au plus démunis et une politique commune de l'énergie. Il a loué le travail des réseaux d'aide spontanés qui se sont développés ces dernières semaines. Sylvie Guillaume (S&D, française) a estimé que l'UE compte plus de 3 millions de sans-abri et elle a appelé à une « action volontariste et concrète » de la part de l'UE. Le PE a déjà demandé en 2010 et 2011 la mise en place d'une « véritable stratégie européenne contre le 'sans-abrisme' », a-t-elle rappelé. « Où en est cette feuille de route, quand la Commission va-t-elle exiger des États une véritable stratégie nationale assortie de véritables moyens, quels montants des fonds structurels pourront être mobilisés ? », a-t-elle lancé. Elle redoute de voir la plateforme européenne de lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale « rester au rang des déclarations d'intention ». Niccolo Rinaldi (ALDE, italien) aurait souhaité que le PE fasse à l'ouverture de la plénière à Strasbourg une minute de silence en hommage aux personnes décédées à cause du froid. Le phénomène est de plus en plus européen et transfrontalier, a-t-il dit. « L'UE doit jouer son rôle pour la solidarité entre les États et les peuples européens », a lancé Karima Delli (Verts/ALE, française), « en colère » car la Commission ne répond pas aux demandes du PE. Elle a demandé une réunion d'urgence des ministres concernés et la mobilisation d'un fonds de secours pour aider les plus vulnérables. Sajjad Karim (CRE, britannique) a estimé que toute société est jugée par la manière dont elle traite les personnes âgées et les personnes vulnérables. Gabriele Zimmer (GUE/NGL, allemande) a demandé des indicateurs pour saisir l'envergure du problème des sans-abris. (LC/JK)