Bruxelles, 13/02/2012 (Agence Europe) - Balayant les rumeurs d'un projet en grande difficulté face aux incertitudes quant à sa construction et son approvisionnement, le consortium Nabucco, chargé de l'ouvrage du gazoduc qui doit relier la Turquie à l'Autriche en passant par la Bulgarie, la Roumanie et la Hongrie, pour acheminer vers l'UE le gaz d'Asie centrale, assure être le projet le plus compétitif du Corridor gazier Sud.
« Nabucco est le projet phare du Corridor Sud pour une bonne raison: sa mise en œuvre est basée sur un traité (un accord intergouvernemental signé par l'Autriche, la Bulgarie, la Hongrie, la Roumanie et la Turquie, NDLR) et des contrats bilatéraux d'appui aux projets signés entre tous les pays de transit. Ces accords garantissent que le droit européen sur l'énergie sera appliqué dans tous les pays de transit, y compris la Turquie. Par conséquent, Nabucco garantit un accès aux tiers et un régime de transit transparent et stable pour toute la longueur du pipeline », explique le patron du consortium Nabucco, Reinhard Mitschek, dans le tour d'horizon mensuel publié en février par le service de communication du consortium. En assurant aux pays d'Europe de l'Ouest, comme d'Europe de l'Est, du Sud-Est et des Balkans un accès aux deuxièmes réserves mondiales de gaz, « Nabucco est conçu comme un projet à grande échelle et a besoin d'un soutien politique », insiste M. Mitschek. Si, en termes de calendrier, Nabucco est dépendant de celui de l'exploitation du champ de Shah Deniz-2, en Azerbaïdjan, le projet Nabucco est « bien développé », et le consortium « sera en mesure d'offrir des services de transport dès que le gaz pourra être exporté », assure-t-il. Les actionnaires de Nabucco - l'énergéticien autrichien OMV, le bulgare Bulgargaz, le hongrois MOL, le roumain Transgaz, le turc Botas et l'allemand RWE sont toujours en négociation avec le consortium de Shah Deniz pour l'approvisionnement en gaz, et attendent une décision « dans les prochains mois », précise M. Mitschek, qui rappelle qu'outre l'Azerbaïdjan, l'Irak et le Turkménistan « sont désireux d'exporter d'énormes volumes de gaz vers l'Europe ». De tous les projets ou idées de projet dans la région, Nabucco est « le plus avancé et le plus concurrentiel », conclut-il, soulignant que l'ingénierie du gazoduc de 4 000 kilomètres est « à 85% complet », et qu'il a obtenu les premiers permis locaux conformément aux évaluations de son impact social et environnemental.
Outre un engagement de la BEI, de la BERD et de l'IFC (Banque Mondiale), en 2010, pour un soutien financier à hauteur de 4 milliards d'euros, le projet sera appuyé par l'UE a hauteur de 200 millions. Le consortium prévoit le début des travaux de construction pour fin 2013, pour une opérabilité fin 2017. (EH)