Bruxelles, 13/02/2012 (Agence Europe) - Même si elle doit encore en effectuer une analyse plus poussée, la Commission européenne a réagi positivement, lundi 13 février, à l'adoption par l'Espagne d'une nouvelle réforme pour flexibiliser le marché du travail, incluant la baisse des indemnités de licenciement et des mesures pour stimuler l'emploi des jeunes.
Le taux de chômage se situe a un niveau « inacceptable » (il touchait 22,85% de la population active fin 2011) et le marché du travail en Espagne « n'a pas jusqu'ici répondu de façon suffisamment flexible au changement du contexte économique », a déclaré le porte-parole de Olli Rehn, commissaire aux Affaires économiques. Il a poursuivi: « La Commission salue le fait que le nouveau gouvernement espagnol a fait de la réforme du marché du travail une de ses priorités ». D'après la Commission, les réformes entérinées vendredi 10 février « ont une grande amplitude et visent à résoudre plusieurs problèmes structurels qui existent dans le marché du travail espagnol, comme la négociation collective ou les politiques d'emploi ». Certains éléments de cette nouvelle loi, comme la réduction du décalage important de la protection de l'emploi entre les contrats temporaires et ceux à durée indéterminée (plus grande flexibilité dans la négociation collective), « nous semblent aller dans la bonne direction pour réduire la segmentation du marché du travail », a dit aussi le porte-parole. La Commission doit encore étudier de façon détaillée dans les semaines à venir cette réforme avant de présenter une analyse complète au sein de l'Eurogroupe et du Conseil ECOFIN.
Selon la réforme, les indemnités en cas de licenciement 'non justifié' en Espagne seront réduites de 45 à 33 jours par année travaillée, avec un maximum de 24 mensualités au lieu de 42. En outre, la période d'essai lors d'une embauche passera de six mois à un an. La précédente réforme du marché du travail du gouvernement socialiste de José Luis Rodriguez Zapatero avait déjà tenté de réduire à 33 jours les indemnités de licenciement, mais sans l'imposer, ce qui avait rendu cette réforme quasiment inexistante. La nouveauté porte sur les licenciements économiques pour lesquels les indemnités sont limitées à 20 jours par année travaillée durant 12 mois au maximum, et qui sont rendus plus faciles. D'autre part, les entreprises n'auront plus à demander l'autorisation du ministère, ni obtenir un accord avec les syndicats, pour mener un plan social et des licenciements collectifs. Parmi les autres mesures annoncées, la réforme des conventions collectives imposera une plus grande flexibilité aux salariés (horaires, postes, mobilité géographique).
Pour stimuler l'embauche, plusieurs aides seront mises en place. Petites et moyennes entreprises bénéficieront d'une réduction des charges sociales de 3 000 euros pour l'embauche d'un premier salarié de moins de 30 ans (le chômage des jeunes atteint 48 %), et de 4 500 euros pour celle d'un chômeur de longue durée de plus de 45 ans. Quant aux chômeurs, s'ils trouvent un emploi, ils pourront cumuler 25 % de leurs prestations et leur salaire durant un an. Afin d'améliorer l'efficacité des agences pour l'emploi, celles-ci devront travailler en collaboration avec les agences privées de travail temporaire. Et pour lutter contre la fraude aux prestations, les chômeurs pourront être amenés à réaliser des services pour la communauté.
Le gouvernement a espagnol a déjà averti que, malgré ces réformes, le chômage augmentera encore en 2012. (LC)