Bruxelles, 13/02/2012 (Agence Europe) - Le nombre de diplômés empruntant la voie de l'enseignement tend à diminuer en Europe ce qui, à l'avenir, pourrait poser un problème de pénuries, indique un nouveau rapport de la Commission européenne intitulé « Chiffres clés de l'éducation en EUROPE 2012 ». La Belgique, l'Allemagne, le Luxembourg, les Pays-Bas, le Royaume-Uni et la Turquie sont les premiers touchés par le manque croissant d'enseignants qualifiés.
L'étude, réalisée conjointement par le réseau Eurydice et Eurostat, a été présentée aux ministres de l'Éducation des États membres, réunis à Bruxelles le 10 février, et retrace les principales évolutions des systèmes éducatifs européens durant la dernière décennie.
Si le rapport suggère qu'en plus du vieillissement du corps professoral, le manque d'attractivité de la profession est à l'origine de cette pénurie, il met également en évidence des aspects encourageants pour l'avenir. En 2009, treize États membres, le Portugal en tête, ont allongé d'un à trois ans la durée de l'enseignement obligatoire et œuvrent en vue de réduire le taux de décrochage scolaire.
Les mesures de soutien aux enseignants facilitant leur entrée dans la profession sont plus répandues en Europe, aujourd'hui. En plus de programmes d'accompagnement et d'évaluation, la Commission européenne encourage la formation professionnelle continue des enseignants et donne l'opportunité à ces derniers d'acquérir une expérience à l'étranger grâce au projet Erasmus pour tous.
Par ailleurs, l'enseignement supérieur reste la meilleure garantie contre le chômage: les personnes diplômées de l'enseignement supérieur trouvent un emploi deux fois plus rapidement que les personnes moins qualifiées (5 mois contre 10 mois). Et les chiffres étayés dans l'étude vont dans ce sens: entre 2000 et 2009, le nombre d'étudiants dans l'enseignement supérieur a augmenté en moyenne dans l'UE de 22%, s'établissant en 2009 à près de 19,5 millions de personnes.
Mais le problème des sous et surqualifications pose question. Le rapport note qu'un diplômé de l'enseignement supérieur sur cinq est surqualifié pour son emploi. « Il faut répondre mieux aux besoins du marché du travail. Il y a des adéquations entre le marché du travail et le monde de l'éducation. Il faut nécessairement anticiper les besoins en compétences, notamment dans les domaines des nouvelles technologies, de l'énergie verte ou de la santé », insiste Pierre Mairesse, directeur de la Direction générale Éducation et Culture à la Commission européenne.
Dans la plupart des États membres, le budget alloué au secteur de l'éducation et de la formation s'est maintenu en moyenne autour de 5% du PIB pour la période 2001-2008. Notons les efforts considérables de la Bulgarie, de Chypre et de l'Islande mais aussi de Malte et de l'Irlande qui ont respectivement augmenté de 20% et 30% la part de leur PIB consacrée à l'éducation. Mais avec la crise économique et les mesures d'austérité qui en découlent, le secteur de l'éducation risque d'être confronté à de sérieuses coupes budgétaires. (SD stagiaire)