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Bulletin Quotidien Europe N° 10551
POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) jai

Hongrie, doutes confirmés pour S&D - Le PPE dénonce la méthode du PE

Bruxelles, 10/02/2012 (Agence Europe) - Les « craintes pour la démocratie » hongroise sont confirmées, a estimé jeudi le groupe S&D dans un communiqué à l'issue d'une audition fleuve en commission des libertés (LIBE) sur la situation de ce pays, confronté à trois procédures d'infraction sur ses lois relatives à la banque centrale, la protection des données et l'âge de mise à la retraite d'office des juges, sans parler de ses lois controversées sur les médias, qui font également l'objet d'une surveillance de la Commission.

Pour le groupe S&D, « la démocratie, selon le Fidesz, c'est l'adoption bâclée de plus de 360 lois, sans consultations ni analyse d'impact. La démocratie, selon le Fidesz, c'est remplacer des personnalités indépendantes par des fidèles du Fidesz dans toutes les institutions publiques, peu importe que ce soit par l'abaissement de l'âge de la retraite des juges ou par le démantèlement des institutions elles-mêmes. La démocratie, selon le Fidesz, c'est la compilation des pires pratiques et règlementations en vigueur dans les États membres de l'Union européenne », a ainsi dit Kinga Göncz. Le groupe a également déploré l'annonce du vice-premier ministre Tibor Navracisc de se conformer aux recommandations que formulerait le Conseil de l'Europe mais « uniquement si celles-ci ne contrevenaient pas à la Constitution ». Le groupe S&D demande donc à Budapest de lever cette ambiguïté, notant que cela montre pour le moment l'absence de volonté du gouvernement Orban de se conformer « aux principes démocratiques internationaux ». Le président du groupe, Hannes Swoboda, sera par ailleurs ce vendredi à Budapest pour rencontrer des représentants de la société civile et des élus du parlement.

La charge a été jugée un peu lourde par le PPE qui a dénoncé une méthode « autoritaire » du PE consistant à juger « avant la fin du procès ». Le PPE a appelé ses homologues à attendre la fin des discussions entre Budapest et la Commission et déploré « l'hystérie politique actuelle » tout comme le recours à la menace de sanctions (article 7), a dit la Hongroise Kinga Gal, dénonçant par ailleurs des assertions dénuées d'objectivité et sans fondement.

Quant au groupe ADLE, il est resté fidèle à ses positions initiales. Pour Louis Michel, le PPE « persiste dans sa stratégie de banalisation de la dérive autocratique du gouvernement hongrois ». Or sa conception de la démocratie s'assimile à de la « tyrannie majoritaire ». Pour le député belge, tous les critères sont aujourd'hui « remplis pour actionner l'article 7 du Traité de l'UE et pour engager une procédure de sanctions ».

Le PE doit se prononcer le 16 février à Strasbourg sur un projet de résolution sur la situation hongroise. De son côté, le Conseil de l'Europe, auquel la commissaire Kroes a fait appel jeudi, et sa commission de Venise, étudient eux à ce jour un ensemble de 8 lois hongroises (sur le judiciaire, la liberté religieuse, le système électoral, la protection des minorités ou encore la liberté d'information). Et ses premières opinions devraient être publiées en mars, a dit Andrew Cutting, porte-parole du Conseil de l'Europe. (SP)

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