Bruxelles, 10/02/2012 (Agence Europe) - À la veille d'une journée de mobilisation dans plusieurs États membres de l'UE pour protester contre le très controversé accord international anti-contrefaçon (ACTA), écologistes et extrême-gauche au Parlement européen ont marqué leur soutien à la vague protestataire.
« ACTA, attention, danger ! », a averti vendredi 10 février un communiqué signé par les 15 députés écologistes français (Europe-Ecologie/Les Verts) au Parlement européen, emmenés par Sandrine Bélier, et qui apportent leur soutien à la journée de mobilisation internationale contre l'ACTA, samedi 11 février. « Négocié dans la plus grande opacité, ce traité se révèle être un redoutable outil pour organiser le contrôle de l'internet au profit de quelques multinationales. Son champ d'action va bien au-delà de la protection des droits d'auteur. Ainsi il met en danger les libertés publiques, entrave l'accès aux savoirs et aux médicaments génériques, favorise les détenteurs de brevets sur le vivant », expliquent-ils.
De son côté, le groupe GUE/NGL a lui aussi tenu à témoigner son soutien aux manifestants contre l'ACTA. « La gauche en Europe s'oppose vivement à l'ACTA. Nous voulons protéger les consommateurs contre les biens ou les médicaments contrefaits et nous reconnaissons le besoin de protéger les droits du secteur créatif, mais il faut trouver un moyen de le faire sans sacrifier ni la protection de la vie privée ni celle des données. ACTA n'est pas la bonne solution, il livre les citoyens aux intérêts de grandes firmes de l'industrie des programmes, du film et de la musique. Une procédure claire, transparente, inclusive et démocratique est nécessaire pour protéger les droits fondamentaux des consommateurs et des producteurs », insiste le député allemand Helmut Scholz.
Négocié en secret en dehors de l'OMC par l'Australie, le Canada, la Corée du Sud, les États-Unis, le Japon, le Maroc, la Nouvelle-Zélande, Singapour et l'UE, l'ACTA vise à protéger la propriété intellectuelle vis-à-vis de la contrefaçon classique (vêtements, médicaments) et numérique (téléchargement illégal), sur la base de normes internationales harmonisées. Mais l'accord pose problème, notamment pour son impact sur les libertés civiles. Sous la pression des ONG et des internautes, la Pologne et la République tchèque, qui ont signé l'accord le 26 janvier, comme 20 autres États membres, ont gelé le processus de ratification, en attendant une plus grande expertise juridique. La vague de protestation gagne toute l'Europe, une journée de manifestation étant prévue le 11 février en France, en Allemagne et en Italie, en Bulgarie et en Hongrie notamment. (EH)