Bruxelles, 10/02/2012 (Agence Europe) - Filmé à son insu dans une vidéo diffusé par la chaîne de télévision TVI, le ministre allemand des Finances allemand Wolfgang Schäuble a confié, jeudi soir 9 février à son homologue portugais Vitor Gaspar, que l'Allemagne serait prête à accepter un ajustement du plan d'aide pour le Portugal, même si le ministre portugais s'est défendu peu après d'avoir mis une telle option sur la table. Lors d'un Eurogroupe focalisé sur le 2ème sauvetage de la Grèce (voir autre nouvelle), M. Schäuble a indiqué en effet à son homologue que, « s'il est nécessaire d'ajuster le programme portugais, nous sommes disposés à le faire » mais cela seulement quand la question clé du nouveau programme d'aide grec aura été réglée. « Merci beaucoup », lui a alors répondu M. Gaspar.
Vendredi, le ministre portugais a expliqué que la position de Lisbonne n'avait pas changé et que le gouvernement ne demandait toujours pas « plus de temps ou d'argent » à ses créanciers internationaux, rapportent plusieurs médias portugais. Ces échanges pris sur le vif doivent plutôt se voir comme la réaffirmation de « l'engagement de l'UE à aider les pays sous assistance financière » qui « pour des raisons hors de leur contrôle pourraient rencontrer des difficultés à revenir sur les marchés », avait-il même expliqué la veille, rapporte l'AFP. Dans l'opposition portugaise, ce double discours agace. Le chef de file du parti socialiste, António José Seguro, cité par RTP noticias, a estimé que le « Premier ministre ne pouvait pas dire une chose à Lisbonne et son ministre des Finances le contraire à Bruxelles ».
Le gouvernement portugais a en effet déclaré à plusieurs reprises ces dernières semaines qu'il n'avait pas l'intention de plaider pour une renégociation de son programme ni une rallonge à ses créanciers. Le Portugal, qui devrait connaître en 2012 une récession de l'ordre de 3%, a obtenu en mai 2011 une aide financière de 78 milliards d'euros sur trois ans en échange de sévères mesures d'austérité. Les bailleurs de fonds du Portugal seront de retour dans le pays mercredi 15 février pour entamer une 3ème mission d'évaluation de la mise en œuvre des réformes contenues dans le plan d'aide. En novembre dernier, la 'troïka' (Commission européenne, BCE, FMI) s'était dite satisfaite des efforts que les autorités du pays accomplissent. Mais la forte hausse récente des rendements sur la dette souveraine portugaise remet en cause la capacité du Portugal à refinancer seule sa dette dans la seconde moitié de 2013, comme le prévoit le plan de sauvetage. (SP)