Bruxelles, 10/02/2012 (Agence Europe) - Les ministres de l'Éducation de l'UE ont eu, vendredi 10 février, un débat d'orientation sur la contribution de l'éducation et de la formation à la réduction du chômage des jeunes. Ils ont présenté leurs principales initiatives respectives et échangé leurs expériences afin de contribuer à lutter contre les niveaux actuellement élevés de chômage chez les jeunes (taux moyen de 20% chez les jeunes âgés de 15 à 24 ans ; ce taux avoisine les 50% dans certains États membres) et à atténuer les conséquences sociales de la crise pour ces derniers. Le Conseil européen de décembre 2011 a souligné l'urgence de prendre, aux niveaux national et européen, des mesures ciblées en faveur des catégories les plus vulnérables, en particulier les jeunes chômeurs, et la nécessité d'ajuster les systèmes d'éducation et de formation aux besoins du marché du travail, avec un accroissement des compétences. Le Conseil informel du 30 janvier dernier a, par ailleurs, clairement reconnu qu'il fallait s'attaquer d'urgence au chômage des jeunes et appelé l'ensemble des secteurs concernés à jouer leur rôle à cet égard.
« La formation des jeunes est indispensable. Ce sont les compétences qui donnent la possibilité de trouver ses marques dans la société (…) Les jeunes qui n'ont pas de formation risquent d'être complètement marginalisés », a averti la ministre danoise de l'Enfance et de l'Éducation Christine Antorini. Il faut de meilleures perspectives pour les jeunes qui n'ont pas de formation, trouver les moyens de les insérer dans les cadres d'apprentissage tout au long de la vie, et créer des ponts entre la théorie et la pratique a ajouté la ministre. La commissaire responsable de l'Éducation, de la Culture, des Jeunes et du Sport, Androulla Vassiliou, a déploré le manque de réussite des systèmes d'éducation et de formation des États membres, qui n'ont pas réussi à se réformer suffisamment pour répondre aux défis de la crise actuelle (voir autre nouvelle). « Notre système n'a pas réussi à doter nos jeunes des qualifications nécessaires pour le marché du travail », a-t-elle regretté. Elle estime qu'il faut à la fois donner un appui immédiat aux jeunes en difficulté, en ayant recours à des politiques de l'éducation et de la formation efficaces et avec l'aide des fonds européens qui n'ont pas encore été utilisés, et évaluer de manière régulière la situation grâce à des indicateurs performants. Actuellement, la Commission propose 130 000 placements en stages dans le cadre des programmes européens Erasmus et Leonardo. La commissaire espère qu'ils pourront passer à 150 000 en 2013. Certains États membres parviennent à maintenir un taux de chômage peu élevé chez les jeunes et ont communiqué leurs bonnes pratiques. L'Autriche, par exemple, a donné les clés de la réussite de son système: un apprentissage en alternance (comme le pratique l'Allemagne), une formation professionnelle à temps plein dès le secondaire pour les jeunes par le biais de stages obligatoires dans la vie réelle, et une coopération étroite entre les universités et hautes écoles techniques d'une part, et le monde du travail d'autre part. Selon de nombreux orateurs, les entreprises n'offrent pas suffisamment de stages aux jeunes en apprentissage et il faut les inciter à multiplier les offres en ce sens. L'Irlande a, pour sa part, insisté sur la nécessité de donner une seconde chance aux jeunes qui ont décroché, en leur donnant la possibilité de réintégrer le système éducatif.
Les conclusions de ce débat seront utilisées par la présidence danoise comme base pour l'élaboration d'un rapport de synthèse qui sera transmis au Conseil européen des 1er et 2 mars, et qui constituera la contribution à cette réunion pour le secteur de l'éducation. (IL)