Bruxelles, 07/02/2012 (Agence Europe) - Après avoir longuement piétiné, Européens et Indiens ont accompli de grands progrès, depuis l'automne 2001, vers la conclusion d'un accord bilatéral de libre-échange. Le sommet UE/Inde du 10 février a permis d'officialiser les avancées, un accord est possible à l'automne. Deux déclarations signées vendredi à New-Delhi engagent par ailleurs Européens et Indiens à renforcer leur coopération dans le domaine de l'énergie, notamment durable, et de la R&D et l'innovation.
Partenaires stratégiques depuis 2004, l'UE et l'Inde devraient rapidement porter leur coopération en matière économique à l'échelle supérieure: lancés en 2007, leurs pourparlers pour un accord de libre-échange qui se sont « intensifiés » à l'automne 2011, ont enregistré des « avancées substantielles sur les différents chapitres », scellées dans la déclaration conjointe du sommet. Le président du Conseil européen Herman Van Rompuy et le Premier ministre indien Manmohan Singh ont salué des « progrès essentiels ». « Les parties sont engagées à œuvrer de manière intensive pour trouver des solutions mutuellement acceptables sur les questions pendantes », précise leur déclaration, appelant le commissaire au commerce, Karel De Gucht côté européen et Anand Sharma (ministre du Commerce) côté indien « à veiller aux progrès des négociations pour une conclusion rapide ». « Nos positions sont maintenant plus proches dans tous les domaines et les contours de l'accord final se dessinent », a assuré le président de la Commission, José Manuel Barroso, qui « espère la finalisation des négociations à l'automne ». Les parties doivent trouver des solutions au paquet tarifaire global, incluant l'automobile et les spiritueux, sur les services et l'accès aux marchés publics, et s'entendre sur les clauses de l'accord relatives au développement durable et aux médicaments. Au total, l'accord de libre-échange UE/Inde, qui deviendrait « le plus grand au monde, en bénéficiant à 1,7 milliard d'habitants », a rappelé M. Barroso, permettrait une baisse asymétrique des droits de douane, pour 91 à 92% des produits de l'UE, contre 95% des produits indiens.
Au plan économique, dirigeants européens et indiens ont aussi adopté deux déclarations conjointes, l'une sur la coopération énergétique qui ouvre la voie à des activités conjointes en matière d'énergie durable - charbon propre, efficacité énergétique, énergies renouvelables, réseaux intelligents - et de sûreté nucléaire, l'autre sur la coopération en matière de R&D et d'innovation, qui rapprochera les industries et les universités des deux partenaires à travers un échange de connaissances.
L'Afghanistan et les relations avec le Pakistan étaient, bien entendu, au centre des discussions sur les questions internationales, de même que la Syrie, chapitre sur l'UE et l'Inde ont convenu de promouvoir le plan de paix de la Ligue Arabe, ou sur l'Iran, où M. Van Rompuy a demandé à l'Inde d'user de son influence auprès de Téhéran pour tenter d'amener l'Iran à la table des négociations sur son programme nucléaire. (EH)