Bruxelles, 09/02/2012 (Agence Europe) - Le président de la Banque centrale européenne Mario Draghi a reçu, jeudi 9 février, un appel téléphonique du Premier ministre grec Lucas Papademos lui annonçant que le gouvernement grec avait marqué un accord politique sur les mesures à mettre en œuvre dans le cadre du 2ème sauvetage de la Grèce en échange d'une aide financière d'au moins 130 milliards d'euros. Il a en revanche refusé de dire si la BCE, qui détient environ 40 milliards d'euros de titres grecs, allait contribuer à remettre la dette publique grecque sur une trajectoire soutenable. « Tout le monde parle de ce que la BCE pourrait faire. La BCE n'a jamais rien dit à ce sujet. Et aujourd'hui, c'est le cas », a-t-il déclaré. L'Institut de Francfort n'a de toute façon aucunement l'intention de violer les traités européens interdisant la monétisation de la dette.
Des discussions ont lieu sur la façon dont la BCE pourrait soulager le fardeau de la dette grecque, notamment en renonçant à ses gains potentiels à réaliser lorsque ses titres grecs arriveront à échéance (EUROPE n°10549). « Ces options constituent des tours de passe-passe juridiques », a considéré M. Draghi, pour qui « les discussions sur un partage des pertes par la BCE sont infondées ». Selon lui, « le plus important » c'est l'accord politique en Grèce qui ouvre la voie aux « réformes » dont le pays a besoin. Tout juste reconnaît-il l'existence d'un « décalage » entre les montants nécessaires pour ramener la dette grecque sur une trajectoire soutenable (réduction de 160% à 120% du PIB d'ici 2020) et les sommes susceptibles d'être levées dans le cadre d'une participation privée volontaire à la restructuration de cette dette.
M. Draghi a encore plaidé pour « une combinaison » des mesures structurelles et de consolidation budgétaire. Il a loué les efforts de discipline de 25 États membres, dont les 17 pays de l'Eurozone, à travers « le pacte budgétaire » (EUROPE n°10542). Cette démarche prouve que l'euro est « une réalité forte », a-t-il estimé. Elle représente « un timide premier pas vers l'union budgétaire » qui ne peut reposer sur les transferts d'argent des pays riches aux pays plus pauvres mais sur la capacité de chaque État à tenir debout seul.
La BCE a décidé de maintenir ses principaux taux inchangés mais a desserré ses règles en matière de collatéraux admissibles en échange de l'accès à ses liquidités. Elle lancera fin février une 2ème opération d'octroi de prêts à 3 ans à des taux minimes. Fin décembre, une 1ère opération du même type a largement contribué à soulager la situation financière du secteur bancaire européen. Même si la BCE s'inquiète des problèmes de financement de l'économie. (MB)