Bruxelles, 09/02/2012 (Agence Europe) - Le commissaire européen en charge du Transport, Siim Kallas, n'a pas ménagé le secteur ferroviaire en s'adressant à ses représentants mercredi 8 février, lors de la remise du prix européen du rail, organisé par la Communauté du rail (CER) et l'Association de l'industrie européenne du rail (UNIFE). « Dans bien des domaines, nous nous sommes autorisés à nous languir dans le 19ème siècle et, en un mot, le rail mérite mieux. Les citoyens européens méritent mieux », a conclu le commissaire, comme un dernier avertissement au rail pour se réformer. En pointant du doigt la fragmentation du marché ferroviaire, le manque de libéralisation mais aussi le manque de ponctualité, d'efficacité et de fiabilité, le commissaire a donné des indications claires au secteur quant à la marche à suivre pour que le rail puisse pleinement tirer parti de son « potentiel de croissance, surtout pour le trafic de fret et de passagers à moyenne et longue distance ». M. Kallas et ses services se penchent actuellement sur le quatrième paquet ferroviaire, qui sera présenté en cours d'année, et dont les propositions « fourniront un stimulant pour créer un espace ferroviaire unique et des changements plus que nécessaires dans le secteur ferroviaire européen ». Même si rien n'a encore été décidé souligne-t-il, ses intentions sont néanmoins de passer à un marché pleinement ouvert du rail, des services et des infrastructures. « Seuls quelques pays se sont à ce stade pleinement ouverts à la concurrence. Les conditions d'accès au marché sont en général toujours faussées en faveur des opérateurs en place », a-t-il regretté, sans mâcher ses mots. Il a surenchéri en déplorant que « des barrières techniques considérables rendent difficile de produire et certifier certains trains afin qu'ils passent à travers des frontières européennes ». En l'occurrence, Philippe Citroën, directeur général de l'UNIFE, a demandé à ce que l'Agence européenne du rail joue un plus grand rôle pour résoudre les problèmes d'autorisation. (MD)