Bruxelles, 09/12/2012 (Agence Europe) - La Ligue arabe va renvoyer sa mission d'observateurs en Syrie, a annoncé, mercredi 8 février, le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon. Le chef de la Ligue arabe, Nabil Al-Arabi, a fait part de son intention par téléphone à M. Ki-moon de « renvoyer la mission des observateurs de la Ligue arabe et qu'il demandait l'aide de l'ONU », a-t-il précisé. « Il a suggéré une mission conjointe en Syrie, avec un émissaire spécial commun », a indiqué le secrétaire général des Nations unies, expliquant que la question serait soumise au Conseil de sécurité dans les prochains jours. Le ministère des Affaires étrangères français a salué le retour des observateurs « à condition que ces derniers puissent exercer librement et entièrement leur mandat », précisant qu'ils doivent notamment « pouvoir se déplacer librement et avoir tous les contacts nécessaires ».
Pression française. Le ministère a précisé qu'Alain Juppé avait contacté ses homologues « dans tous les pays désireux de mettre un terme à la répression en Syrie et de mettre en œuvre le plan de la Ligue arabe dans toutes ses dimensions ». Le ministère s'est aussi dit « favorable à l'initiative de la Turquie » visant à organiser une conférence internationale « dans les plus brefs délais » sur la crise syrienne.
Le président français, Nicolas Sarkozy, a personnellement appelé, mercredi, son homologue russe Dmitri Medvedev pour lui demander son plein soutien au plan de la Ligue arabe afin de convaincre Bachar al-Assad de quitter le pouvoir. M. Sarkozy a insisté auprès de M. Medvedev sur la nécessité d'accentuer la pression sur le régime syrien pour que la répression s'arrête, a précisé la présidence française. Le président russe a mis en garde le Français contre « des mesures unilatérales précipitées », a précisé le Kremlin. M. Medvedev avait, plus tôt dans la journée, souligné la nécessité de continuer, y compris au sein du Conseil de sécurité, à chercher des approches concertées pour aider au règlement de la crise par les Syriens eux-mêmes.
Risque de militarisation. Pour le directeur de recherches au Brookings Doha Center, Shadi Hamid, les solutions diplomatiques à la crise « se sont épuisées et les options militaires sont sérieusement évoquées actuellement » et le double veto au Conseil de sécurité est « le meilleur moyen de mobiliser pour l'Armée syrienne libre qui voit sa position renforcée ». « De nombreux Syriens disent aujourd'hui avoir essayé de manifester pacifiquement et cela n'a pas donné de résultats » et qu'ils doivent « se défendre face à la violence du régime », a-t-il ajouté. (CG)