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Bulletin Quotidien Europe N° 10550
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POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) agriculture

Le PE appelé à évaluer l'impact de l'accord UE/Maroc

Bruxelles, 09/02/2012 (Agence Europe) - Alors que le Parlement européen se prononcera le 16 février sur le projet d'accord UE/Maroc de libéralisation des échanges commerciaux, le COPA-COGECA (syndicats et coopératives de l'UE) a demandé mercredi 8 février aux eurodéputés de « bien évaluer les répercussions socio-économiques de l'accord, rappelant que celui-ci aura un impact désastreux sur le secteur des fruits et légumes de l'UE, en particulier sur les tomates ».

Pekka Pesonen, secrétaire général du COPA-COGECA souligne dans une lettre envoyée aux présidents des groupes politiques du Parlement européen que cet accord menacerait des milliers d'emplois dans les zones rurales de l'UE, des zones qui ont été déjà touchées de plein fouet par la crise économique. Il indique aussi que « les importations provenant du Maroc ne sont pas tenues de respecter, contrairement aux produits européens, des normes élevées en termes d'environnement et de qualité ».

Le COPA-COGECA explique que « si cet accord se réalise, l'on enregistrera une forte augmentation de ces importations. Il impliquerait également l'introduction de contingents d'importation beaucoup plus importants par rapport au précédent accord pour six produits sensibles: tomates, courgettes, concombres, ail, agrumes et fraises. La situation de balance commerciale déjà favorable au Maroc se verrait renforcée et les effets seraient désastreux pour l'emploi dans les zones rurales européennes où il n'existe pas d'autres sources d'emploi que l'agriculture ».

« Les eurodéputés ne peuvent ignorer cette réalité. Avant d'envisager une augmentation des quotas, une analyse approfondie de l'impact socio-économique de cet accord devrait être réalisée. Le système de prix d'entrée pour ces importations ne tient pas non plus compte des coûts élevés de production et de la main-d'œuvre dans l'UE. De plus, les systèmes européens de contrôle et de sauvegarde pour les importations marocaines ne sont pas efficaces. Cela a été démontré par l'Office européen de la lutte antifraude (OLAF) », ajoute l'organisation européenne.

Le COPA-COGECA demande le soutien des eurodéputés sur ce dossier afin d'améliorer la situation. Il appelle donc les parlementaires européens « à examiner la situation et à prendre en considération nos inquiétudes avant de se prononcer sur ce projet d'accord la semaine prochaine ».

L'eurodéputé José Bové (verts-ALE, français) a défendu mardi 7 février à Madrid son opposition à cet accord agricole entre l'Union européenne et le Maroc. Dénonçant les « conséquences dramatiques pour les producteurs européens » de fruits et légumes, José Bové a appelé les députés européens « à voter contre » l'accord, lors d'une conférence de presse organisée avec des représentants d'organisations agricoles françaises et espagnoles et des responsables politiques espagnols. Dans un rare moment d'union, les deux principales forces politiques espagnoles, Parti populaire au pouvoir et Parti socialiste, voteront contre cet accord au Parlement européen, l'Espagne craignant d'être inondée de produits à bas prix et de perdre sa compétitivité sur le marché européen. José Bové a rappelé qu'en Espagne ce sont des centaines de milliers de familles qui sont aujourd'hui menacées. Le pays affiche un taux de chômage record de 22,85 %, qui dépasse même 30 % en Andalousie, région parmi les plus menacées par l'accord, selon José Bové. Un accord qui « ne bénéficie pas à la majorité des petits et moyens producteurs marocains », a-t-il ajouté, assurant que « seules les grandes entreprises d'exportation du Maroc vont en bénéficier ». M. Bové a en outre dénoncé les conditions de travail des salariés marocains, en « quasi-esclavage puisqu'ils n'ont pas le droit de se syndiquer », assurant que le salaire journalier y était de cinq euros par jour. Il s'est également inquiété des « modes de production », consommant de plus grandes quantités d'eau au Maroc que dans l'UE, ainsi que de la « question juridique » de la région disputée du Sahara occidental, incluse dans le projet d'accord entre l'UE et le Maroc. Si l'accord est finalement adopté à Strasbourg, ce dernier point pourrait pousser ses opposants à « saisir la Cour européenne de justice pour le casser car il n'est pas fondé en droit », a précisé José Bové. (LC)

 

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