Bruxelles, 06/12/2011 (Agence Europe) - « La crise actuelle va certainement créer des incertitudes sur le marché de l'énergie en général », l'avenir est à l'électricité depuis les pôles de production au sud de la Méditerranée et les « feuilles de route » actuelles paraissent plus tabler sur le nucléaire pour garantir l'approvisionnement de l'Europe, estime, en substance, un expert algérien de l'énergie, Tewfik Hasni, ancien PDG fondateur de NEAL, (organisme spécialisé dans les énergies nouvelles), interviewé par le Quotidien d'Oran (5/12/2011). « Si l'Italie est touchée, cela affectera sérieusement (les) exportations gazières (de l'Algérie). Cela touchera bien sûr le marché de l'électricité d'une façon générale. L'impact est double sur l'électricité verte: en plus de la demande qui va baisser, la prise en charge des aides destinées à cette électricité ne trouvera pas les moyens financiers adéquats ».
M. Hasni, dont le pays est un acteur majeur dans le secteur de l'énergie, était invité à commenter les récents accords entre Medgrid et Desertec. Les initiateurs de ces deux projets couvrant l'espace euroméditerranéen ont signé à la mi-novembre à Bruxelles un accord de coopération. Ces « deux acteurs majeurs du plan solaire ont tracé une feuille de route, en attendant de tracer une route (...) Les deux initiatives visent la sécurisation de l'approvisionnement énergétique des pays européens », commente l'expert qui relève que la voie demeure malaisée. « La diversité des acteurs et les enjeux en question expliquent le parcours chaotique de ces initiatives chacune de son côté ». Or, « l'effet Fukushima et le moratoire sur le nucléaire en Allemagne ont rendu l'alternative solaire thermique indispensable pour les besoins de l'Europe ». En revanche, à son avis, « la complexité des relations entre pays européens pour le marché de l'électricité a tendu les rapports, comme l'illustre, par exemple, la compétition entre l'électricité solaire et l'électricité nucléaire ». Que ce soit l'une ou l'autre, « les réseaux énergétiques de demain seront donc majoritairement électriques » mais « l'infrastructure de transport est coûteuse et peu rémunératrice ». M. Hasni se dit « persuadé qu'un réseau de câble électrique en courant continu sous-marin (transméditerranéen) finira par s'imposer (…) Il sera moins coûteux que le transport équivalent en gaz ».
Il appelle toutefois à « revenir à la réalité, la filière PV (photovoltaïque) ne revient pas en force. Au contraire avec la fin des aides des États européens, la filière est en crise et la mise en faillite de plusieurs entreprises européennes liées à cette filière traduit les conséquences de la crise économique européenne (..) le dynamisme chinois dans la fabrication des cellules photovoltaïques (PV) a fini par achever l'industrie européenne. Il relève que « le PV est pénalisé par son coût et son intermittence, le marché de l'électricité ne peut accepter cela et les énergies intermittentes comme l'éolien et le PV ne pourront arriver globalement à une part de 20% » de couverture de besoins. (FB)